La BEI sort du gaz, appuie sur les économies d’énergie

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(@BEI)

Le robinet va se fermer pour le gaz à la Banque Européenne d’investissement (BEI). D’ici fin 2021, elle cessera de prêter de l’argent aux projets énergétiques d’origine fossile. Etant donné que l’institution a déjà cessé de le faire pour le charbon en 2013, sa décision aboutit à exclure les projets de gaz naturel, centrales électriques et gazoducs en particulier*. Pour éviter que les promoteurs et consortiums concernés se ruent sur la BEI d’ici là, seuls les projets déjà en cours d’instruction pourront encore être soutenus, a précisé ce matin Ambroise Fayolle, le vice-président. Interrogé sur les volumes de prêts en question, il les situe entre 2 et 3 Mds€ par an, à comparer aux 64 Mds€ de financements apportés par le groupe en 2018, tous secteurs confondus.

Une priorité confirmée : l’efficacité énergétique

Par ailleurs, la BEI, qui se veut la banque du climat, veut que 50% de ses ...

financements deviennent favorables au climat d’ici 2025, contre à peu près 25% à l’heure actuelle, soit 16 Mds€. Il y a donc de fortes chances pour que les fonds octroyés au gaz soient en grande partie fléchés désormais vers la transition énergétique. Avec une priorité confirmée : l’efficacité énergétique, c’est-à-dire les opérations d’économies d’énergie. Ce qui ne sera pas si simple ; la difficulté pourrait bien être de trouver suffisamment de projets… « La bonne question est : quels sont les nouveaux produits que nous allons proposer, avec une bonne assise technique, pour trouver des volumes ? », s’interroge Ambroise Fayolle, tout en se déclarant confiant au final, grâce à des « mesures particulières » en faveur de l’efficacité énergétique et la mobilisation des équipes de la BEI pour aller chercher les projets.

La sortie du gaz devrait aussi faire les affaires de la production d’énergie et de la mobilité décarbonées, dans des projets où les financements de marché restent défaillants, lesquels sont la raison d’être du financeur européen. Ainsi, on peut compter sur plus de moyens pour les technologies « encore compliquées et risquées, comme l’éolien flottant », illustre Ambroise Fayolle.

« La pression d’en haut et d’en bas »

La BEI est la première grande banque internationale à prendre cette décision, en attendant peut être la Banque mondiale. Elle l’a fait dans un dans un délai exceptionnellement court, entre septembre et novembre 2019, souligne le vice-président, qui explique cette célérité par « la pression d’en haut et d’en bas », c’est-à-dire la volonté conjointe des gouvernements d’une grande majorité d’État membres, d’une part, et le résultat des élections européennes du printemps, de l’autre.

En 2018, la BEI a fléché 16,2 Mds€ de financements en faveur du climat, dont 6 Mds€ pour les transports, 4,1 Mds€ pour les EnR, 2,7 Mds€ pour l’efficacité énergétique et grosso modo 3 Mds€ répartis à parts égales vers l’innovation, l’atténuation et l’adaptation au changement climatique.

* Plus précisément et selon son communiqué, la BEI n’examinera plus de « nouveaux financements à l’appui de projets énergétiques qui recourent sans dispositif d’atténuation aux combustibles fossiles, gaz y compris. De plus, la banque s’est dotée d’une nouvelle norme d’émission fixée à 250 grammes de CO2 par kilowatt-heure (kWh). Elle remplacera la norme actuelle établie à 550 g de CO2/kWh. »