Boostheat se valorise à près de 100 M€

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(Crédit : Boostheat)

Boostheat passe à la deuxième étape de son projet d’introduction en Bourse avec la présentation de sa stratégie et de son document d’enregistrement transmis à l’Autorité des marchés financiers (AMF). L’entreprise, qui a conçu une chaudière à haut rendement hybride gaz/pompe à chaleur-air, cherche à lever environ 40 M€ sur Euronext, une somme qu’elle consacrera majoritairement au développement commercial afin d’engranger rapidement des commandes et passer le seuil de la rentabilité, fixé à 4 500 chaudières vendues par an.

Action entre 14 et 17€

Boostheat souhaite émettre 2,5 millions d’actions nouvelles dans une fourchette de prix comprise entre 14 et 17€ par titre. En cas d’intérêt marqué du marché, une clause d’extension et une option de surallocation permettront d’élever le nombre d’actions émises. Au total, la société estime pouvoir lever entre ...

38,75 M€ et 51,2 M€, grâce notamment au concours de son actionnaire Holdigaz qui s’est engagé à participer à hauteur de 20,6 M€ sous la forme d’engagements de souscription par compensation avec les créances obligataires. La clôture du placement global et la fixation du prix de l’offre aura lieu le 8 octobre prochain.

Interrogé sur la fourchette de prix, Luc Jacquet, cofondateur de Boostheat, explique : « Pour déterminer le prix de l’action, nous avons opté pour une logique de marché. En l’occurrence celle qui a prévalu lors du deuxième investissement de notre actionnaire Holdigaz. En connaissance de cause, il a investi 25 M€ dans l’entreprise à un prix de 14,89 € l’action. C’est sur cette base que nous avons défini la fourchette de prix ». Cette dernière valorise Boostheat entre 86 et 105 M€.

Un marché cible de 230 000 chaudières par an

Le premier argument de Boostheat pour convaincre les investisseurs consiste à mettre en avant le marché porteur des chaudières. La moitié des chaudières européennes ont plus de 25 ans. Quelque 6,5 millions sont renouvelées chaque année en Europe, dont 600 000 en France. L’entreprise évalue son marché « adressable » à 232 400 chaudières par an, majoritairement en maison individuelle, la cible se concentrant sur des surfaces comprises entre 100 et 250 m2 en fonction de l’isolation. Boostheat vise en premier lieu les marchés français, suisse, allemand et belge.

Le déploiement commercial est la principale incertitude que va devoir lever l’entreprise, d’autant qu’elle va affronter des poids lourds du secteur comme Bosch, Viessmann, Daikin ou encore Atlantic. Et ce, avec un produit plus cher (18 000 €/pose comprise) qu’elle espère écouler grâce à la solution de financement mise en place avec BNP Paribas et les aides publiques en matière de rénovation énergétique. « Ce qui compte pour le consommateur c’est sa facture d’énergie. Si nous parvenons à la réduire, même si le coût d’acquisition est plus élevé, cela sera rentable pour lui », argumente Luc Jacquet. Boostheat annonce 131 commandes fermes (dont 50 par son actionnaire Holdigaz) et espère finir l’année avec 200 ventes. Le premier chiffre d’affaires devrait donc intervenir cette année (25 000 € au 1er semestre), l’entreprise présentant une perte nette de respectivement 2,3 M€ et 9 M€ en 2017 et 2018. Boostheat considère pouvoir atteindre l’équilibre financier à partir de 4 500 ventes par an d’ici 3 ans, soit 2% de ce marché estimé à 3,3 Mds€.

Par ailleurs, l’entreprise a basé son business model sur la vente directe sans passer par des distributeurs. Elle doit donc mettre en place un réseau d’agents commerciaux, et bien sûr d’installateurs qui seront rémunérés 2 600 € par unité posée. Ces derniers devront préalablement passer par la « Boostheat Academy » pour 2 jours de formation. Une fois les frais de production et d’intermédiation déduits, Boostheat affirme réaliser une marge de 4 250 €, soit 25% du prix HT.

Contrat-cadre avec Dalkia

Si Boostheat mise dans un premier temps sur le marché des particuliers, avec une version couplée sur du solaire thermique prévue pour l’année prochaine, le secteur tertiaire l’attire énormément. Notamment dans la perspective de modèles de plus forte puissance (entre 50 et 500 kW) que la société développe parallèlement. Elle a d’ailleurs signé dans cette perspective un contrat-cadre avec Dalkia, prévoyant d’accorder l’exclusivité à la filiale d’EDF en échange d’un engagement de volume non précisé mais qui représenterait, selon la compagnie, un chiffre d’affaires de 30 M€ sur trois ans.

Une chaudière dédiée à l’industrie est également en développement. A plus long terme, la société envisage de faire évoluer son produit sur des usages de cogénération ou de production de froid, et d’intégrer un brûleur compatible avec de l’hydrogène.