Photovoltaïque : la Bretagne veut stimuler l’autoconsommation agricole

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Crédit : Solareo

Lait, porcs, volaille… C’est une étude pour le moins détaillée qu’a menée la Chambre d’agriculture de Bretagne. Elle s’est penchée sur l’intérêt économique de l’autoconsommation photovoltaïque dans les exploitations agricoles bretonnes. Plus précisément, elle a synthétisé les données sur quarante exploitations* en fonction de leur taille, leur filière, des moments d’utilisation des équipements et de la puissance de leurs installations solaires.

Baisse de 20% sur la facture

On remarquera que l’autoconsommation photovoltaïque est particulièrement intéressante dans ...

les exploitations laitières et porcines. Plus largement, dans l’échantillon étudié, les projets d’autoconsommation sont rentables. « Les investissements dans les centrales sont remboursés », observe Laurent Somer, conseiller énergie-climat photovoltaïque à la Chambre d’agriculture. « Mais les économies réalisées restent modestes en comparaison de la trésorerie globale d’une exploitation agricole », tempère-t-il. Dans les exploitations porcines et laitières, par exemple, les factures d’électricité peuvent être réduites de 20%. Soit 6 500€ HT par an en moyenne pour les premières et 2 100€ HT pour les secondes. Mais en tenant compte des charges, notamment pour la maintenance, l’économie nette baisse respectivement à 2 100€ et à 600€ par an.

C’est pourquoi le Conseil régional de Bretagne va maintenir ses aides (jusqu’à 20% de l’investissement dans la centrale et 50% des études de faisabilité). Un premier appel à projets, lancé en début d’année, a récolté une soixantaine de candidatures. Ses résultats sont attendus d’ici à l’automne et une deuxième session doit être lancée dans la foulée.

A noter : les centrales en autoconsommation avec vente du surplus ont beau être le modèle privilégié historiquement, « nous avons remarqué qu’une autre solution pouvait être beaucoup plus intéressante sur le plan financier compte-tenu des tarifs d’achat actuels », souligne Laurent Somer. Il s’agit de juxtaposer deux centrales pour une puissance globale équivalente : l’une en autoconsommation complète (sans injection de surplus sur le réseau) et l’autre en injection totale. La Chambre d’agriculture a d’ailleurs développé un logiciel en interne pour aider les porteurs de projets à optimiser le dimensionnement des installations en ce sens. Le stockage, en revanche, n’est pas encore vraiment d’actualité. « Les batteries restent trop coûteuses. »

*L’échantillon est composé de 10 exploitations laitières, une exploitation maraîchère, une méthanisation, 23 exploitations porcines et 5 exploitations avicoles.