Le réseau de chaleur/froid de Paris-Saclay évolue vers la « 5G »

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Les ZAC de Moulon et de l’École Polytechnique sont pilotées simultanément © Floréane Marinier

Reportage à Paris-Saclay (Essonne)* – Le réseau de chaleur et de froid de Paris-Saclay change de génération. Son réseau de chaleur et de froid a été sélectionné lors de l’appel à projets européen D2Grids. Lancé par l’Interreg Northwest Europe, agence de la Commission européenne, cet appel vise à faciliter le développement des réseaux dits de 5e génération à travers du développement technique, commercial, des formations, et la réalisation de 5 démonstrateurs. Celui de Paris-Saclay ...

est le seul lauréat pour la France, dont la construction a démarré cette année jusqu’en 2021. La partie géothermie (deux doublets creusant jusqu’à 700 m dans la nappe de l’Albien), censée couvrir 33% des besoins en chaleur en 2021, est déjà achevée et devrait être mise en service cet été ; elle sera inaugurée le 24 juin prochain par le ministre de la Transition écologique et solidaire.

« Le réseau va au-delà des réseaux de 4e génération, décrit Nicolas Eyraud, directeur de projet du réseau de chaleur et de froid de Paris-Saclay. Il comprend une boucle tempérée, des énergies renouvelables, une synergie entre chaleur renouvelable et froid, des échanges entre bâtiments, une production décentralisée, et une gestion intelligente à travers la collecte de l’ensemble des données. » Le projet D2Grids leur permettra de « gérer l’effacement de certains clients aux heures de pointe pour minimiser le recours aux énergies de pointe (gaz), et du stockage thermique pour effacer au maximum les pointes et maximiser le recours aux EnR. À terme, cette flexibilité thermique pourra également valoriser pour le réseau électrique. »

2 à 4 MW par sous-station

Trois chaudières à gaz sont installées en-dessous de Centrale Supélec. Une ou deux autres devraient s’ajouter © Floréane Marinier

Les bâtiments déjà construits s’élèvent entre les chantiers de la ZAC de Moulon. Elle renferme l’une des boucles tempérées qui assurent le transport de la chaleur et du froid en passant par des sous-stations d’îlot. Chaque sous-station produit 2 à 4 MW de chaud et de froid. L’EPA prévoit, en 2022, une capacité de production de chaleur de 37 MW pour une production de 40 GWh, et une capacité de 10 MW pour une production de 10 GWh pour le froid.

D’autres énergies seront intégrées entre 2022 et 2030 : « la récupération de chaleur fatale d’installations scientifiques, du photovoltaïque en autoconsommation [pour l’électricité, NDLR], et nous étudions le potentiel pour générer du biogaz à partir des matières agricoles locales et de déchets organiques issus de la restauration collective », énumère Nicolas Eyraud. De plus, 30% des bâtiments devront accueillir des panneaux solaires sur leur toit.

65% de chaleur issue d’EnR et de récupération

Thermo-frigo-pompes de la ZAC de Moulon (Paris-Saclay, Essonne) © Floréane Marinier

Cependant, le mix énergétique ne sera pas 100% EnR : « le but est d’utiliser en priorité le forage, mais des compléments seront nécessaires. Nous avons une chaufferie gaz en soutien et des tours aéroréfrigérantes pour évacuer les calories et le gaz pour faire des appoints de chaud quand la géothermie ne suffit pas », explique Clémentine Jaffre, ingénieure chez Idex. Ces soutiens seront notamment utilisés lors des pics de demandes en juillet-août et en février. En 2022, 65% de la chaleur devrait être assurés par des énergies renouvelables et de récupération.

Le froid quant à lui est produit par des thermo-frigo-pompes installées en-dessous du campus de Centrale-Supélec. Elles alimentent deux bâtiments de logements étudiants, un hôtel, et des logements familiaux privés en cours de livraison. L’EPA exige que chaque bâtiment soit raccordé au réseau de chaleur et de froid.

Les groupes Idex et Egis s’occupent, pendant la période 2015-2022, de la conception, de la réalisation, de l’exploitation et de la maintenance du projet. Il s’agit de la première période d’installation, qui coûte 51,7 M€ : 10 M€ sont financés par le Fonds Chaleur de l’Ademe, et 40 M€ par le coût de raccordement au réseau et une partie des redevances annuelles d’abonnement. Le coût des autres phases n’a pas encore été chiffré.

*GreenUnivers a été convié par le groupe Idex à une visite de presse le 7 juin 2019.