Voltalia en négociations exclusives avec Helexia

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(c) Helexia

Le développeur-producteur d’énergies renouvelables Voltalia est entré en négociations exclusives avec Helexia, un spécialiste des installations photovoltaïques sur grandes toitures de bâtiments commerciaux et d’ombrières de parkings. Ce rapprochement stratégique vise à créer une plateforme commune pour offrir un panel de solutions énergétiques directement aux entreprises.

Histoire de famille

Le rapprochement entre Voltalia et Helexia est un peu une affaire de famille. Les deux entreprises partagent ...

le même actionnaire de référence : Creadev, appartenant au groupe Mulliez. « L’entrée en négociations exclusives a été approuvée par le conseil d’administration de Voltalia sans que les représentants de Creadev ou de la famille Mulliez n’aient pris part aux discussions et au vote », indique le communiqué. Une obligation réglementaire pour ne pas flouer les actionnaires minoritaires (le capital flottant de Voltalia s’élève à 28%).

Interrogé par GreenUnivers sur la forme que pourrait prendre cette transaction, Sébastien Clerc, directeur général de Voltalia, indique : « La réalisation pratique de ce rapprochement, s’il est approuvé, peut se faire de manière classique par une acquisition en cash, par un échange d’actions, ou par une solution hybride entre les deux. Les options sont encore ouvertes ». Il espère boucler l’opération avant la fin du 3ème trimestre 2019.

Glissement stratégique

L’intérêt porté par Voltalia à Helexia confirme une tendance chez les développeurs indépendants à s’étendre vers les services énergétiques pour les entreprises, et ce, en raison de la réduction des marges dans le développement pur de projets EnR. « Le niveau de coût des énergies renouvelables permet enfin de développer les corporate power purchase agreements, à l’image de celui que nous avons signé avec Boulanger cette semaine, le premier en France pour une centrale à construire. De fait, nous avons les mêmes interlocuteurs qu’Helexia, on se retrouve dans le même univers de marché », confirme Sébastien Clerc. Et de poursuivre : « Pour ces clients, le concept de maîtrise de l’énergie prend une nouvelle dimension. Jusqu’à présent, il s’agissait essentiellement de baisser la demande d’énergie. Aujourd’hui, nous parlons d’efficacité, mais aussi d’autoconsommation, de PPA, et d’adaptation intelligente de la consommation. C’est la convergence de nos métiers respectifs ».

Un glissement stratégique dans l’air du temps, qui semble indispensable pour tenir tête aux grands groupes qui trustent de plus en plus le marché des EnR en France et dans le monde. Les exemples ne sont pas encore légion mais citons néanmoins Apex Energies, qui a récemment étendu son activité dans l’efficacité énergétique et la valorisation des Certificats d’économies d’énergie (CEE).

Le nom d’Helexia perdurera

Quid de la nouvelle organisation ? Sébastien Clerc l’assure, l’objectif est de développer les synergies entre les deux sociétés : « La marque Helexia est reconnue, nous souhaitons donc la faire perdurer pour capitaliser dessus. Le management de la société aussi a vocation à rester. Nous souhaitons avant tout mettre sur pied une plateforme commune qui présentera notre offre globale ». L’idée est de créer une offre commerciale coordonnée à destination des clients de l’industrie et des services, de mutualiser les services de supervision des toitures solaires et de réaliser des économies sur les achats. Last but not least, ce rapprochement devrait permettre d’implanter Helexia dans les pays émergents où Voltalia est déjà bien présent (18 pays), alors qu’Helexia n’est actif qu’en France, Belgique, Italie et au Portugal.

Pour rappel, Helexia a été fondée il y a 10 ans et a construit plus de 200 projets PV sur toiture et ombrières pour une puissance installée de 51,4 MWc à laquelle s’ajoutent 7,5 MWc en construction. Un tiers (35%) de la capacité installée est située sur les toitures des enseignes de son actionnaire (Auchan, Leroy-Merlin, Boulanger…).

De son côté, Voltalia est actif dans l’éolien, le solaire, l’hydraulique, la biomasse et le stockage. Le groupe, qui compte 550 salariés dans 18 pays, dispose d’une puissance en exploitation et en construction de 921 MW. A la mi-journée, le cours de l’action Voltalia reculait de 2,86% à 10,20 €.