Le CSF « nouvelles énergies » met l’accent sur le contenu local

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L’avenir dira l’utilité du nouveau « contrat stratégique de filière » entre l’État et les entreprises de l’énergie, signé le 29 mai. Une démarche qui succède à celle de la Nouvelle France industrielle en 2013 revue et corrigée en 2015 et aux contrats par filière de l’époque, dont un en avril 2015 pour les éco-industries. Pour l’édition 2019, les pouvoirs publics représentés par François de Rugy et Bruno Le Maire, les entreprises par la voix d’Isabelle Kocher (Engie) et Sylvie Jéhanno (Dalkia), s’engagent à relancer autant que faire se peut les activités industrielles attachées à la transition énergétique (TE), en point d’orgue d’une mobilisation initiée fin 2018.

Quelques dizaines de réunions plus tard, le comité a fait ressortir quatre priorités* dont on retiendra ...

surtout les espoirs mis dans l’éolien en mer, les réseaux intelligents, la méthanisation, l’hydrogène, les batteries et même le panneau solaire de demain : « la reconquête industrielle passe par l’émergence de champions industriels innovants en matière de solaire photovoltaïque », assure le ministère de la Transition énergétique et solidaire (MTES). Pour preuve de son engagement, il veut organiser « un suivi du contenu local » dans ses appels d’offres et « le diffuser progressivement ». Le concept de défense des intérêts industriels français et européens n’est en tous cas plus tabou du tout, comme en témoigne l’insistance d’Isabelle Kocher à demander « une meilleure reconnaissance du contenu local, c’est-à-dire du made in France et du made in Europe. »

Dégager des fonds avec les économies d’énergie

Autre bonne résolution de cette alliance réaffirmée entre l’État français et les professionnels : encourager les économies d’énergie et les processus associés, par exemple l’efficacité énergétique industrielle. Des chiffres sont avancés, comme la mobilisation de 10 % du gisement d’efficacité énergétique de l’industrie et la rénovation des bâtiments publics pour 90 millions de mètres carrés. Fervent soutien des contrats de performance énergétique dont Engie est l’un des promoteurs, Isabelle Kocher appelle de ses vœux un meilleur sort comptable pour les investissements TE des collectivités locales. Ils restent assimilés aujourd’hui à la dette, un poste que nombre de villes auront du mal à alourdir un peu plus.

Ranimé en novembre 2017 par Édouard Philippe, le Conseil national de l’industrie (CNI) avait alors relancé 18 comités stratégiques de filière, dans l’aéronautique, l’automobile, l’électronique, la mode… pour identifier « les enjeux clés de la filière et les engagements réciproques de l’État et des industriels, émettre des propositions d’actions concrètes et suivre leur mise en œuvre. » Côté énergie, le CNI a organisé un CSF pour l’industrie nucléaire puis un CSF « Nouveaux systèmes énergétiques », le premier signant son contrat en janvier dernier avec un programme d’accélération de Bpifrance. Le comité stratégique de filière pour la TE a pour sa part réuni quelque 270 experts lors de 50 sessions de travail.

*1) Développer une offre d’énergie décarbonée compétitive. 2) Construire une industrie française de l’efficacité énergétique et des smart grids permettant l’auto-financement de la transition énergétique. 3) Engager une reconquête industrielle stratégique. 4) Fédérer la filière pour mutualiser objectifs et dynamiques.