Albioma poursuit sur sa bonne lancée

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(Crédit : Albioma)

Albioma a présenté ce vendredi 8 mars des résultats plutôt flatteurs. L’électricien spécialiste des DOM-TOM poursuit son plan de conversion vers les énergies renouvelables et sa stratégie d’expansion territoriale en métropole, mais pas uniquement.

44 M€ de résultat net

Albioma affiche un chiffre d’affaires de 428,3 M€ en 2018, en hausse de 6% par rapport aux ...

403 M€ de l’exercice 2017 qui était déjà en augmentation de 10%. Une progression qui concerne également l’Ebitda qui s’élève à 162,6 M€ (+18 %). De bons résultats financiers qui s’expliquent en partie par la mise en service de la centrale Galion 2 à La Martinique, première centrale 100% bagasse/biomasse en outre-Mer. La turbine à combustion fonctionnant au bioéthanol de La Réunion ayant été mise en service le 25 février dernier, elle participera au CA cette année. Au final, le résultat net part du groupe est de 44,2 M€ (+18% aussi).

Pour 2019, l’entreprise ne prévoit pas aussi bien, entre 38 et 44 M€ de résultat net en raison « d’amortissements et de charges financières en hausse », explique Frédéric Moyne, directeur général d’Albioma. Ce dernier assure qu’il ne s’agit là que d’une mécanique comptable sans rapport avec les performances des installations.

Sur le volet financier toujours, à noter le refinancement du portefeuille de projets photovoltaïques de l’océan Indien et la mise en place d’une facilité de crédit pour un total 110 M€. Cela permettra au groupe de financer ses nouveaux projets dans la zone pour les 18 prochains mois. Pour rappel, l’entreprise cotée en Bourse a accueilli Impala à son capital en fin d’année dernière.

Expansion territoriale

Bien que l’ADN d’Albioma soit intimement marqué par l’insularité, la société commence à sortir de sa zone de confort, notamment en métropole à l’image du rachat en décembre de la filiale française de l’énergéticien Eneco. Les équipes basées à Avignon se concentreront sur les projets de toitures et ombrières photovoltaïques, en participant notamment aux appels d’offres de la DGEC. « Le time-to-market est bon. La période de concurrence acharnée est passée comme l’indique les derniers résultats des appels d’offres avec des prix qui remontent. Le marché va se rééquilibrer. C’est le bon moment pour proposer des projets », assure Frédéric Moyne. Si le DG privilégie dans un premier temps la croissance organique, sans objectifs chiffrés, il n’écarte pas pour autant une acquisition ciblée.

Dans les DOM, Albioma compte poursuivre la conversion de ses centrales thermiques à la biomasse. Le groupe espère atteindre 80% d’EnR dans son mix électrique en 2023 contre 62% aujourd’hui. En revanche, il s’est retiré de la méthanisation avec la cession en décembre dernier de l’ensemble de son activité menée par Methaneo. En matière de solaire, l’entreprise a notamment signé en avril 2018 un partenariat stratégique avec la Société Anonyme d’Habitations à Loyer Modéré de La Réunion (SHLMR) visant à construire 51 centrales photovoltaïques sur toitures. Les travaux de construction débuteront au second semestre 2019, avec une mise en service complète en fin d’année 2019, pour une puissance de 4,8 MWc.

Le Brésil reste stratégique

Autre continent, autre marché stratégique : le Brésil. Les deux centrales du groupe y ont réalisé des performances en baisse en raison d’un volume de canne broyée en baisse par rapport à 2017 (2,7 Mtc vs. 3,1 Mtc en 2017). La production est donc logiquement en retrait en 2018, à 238 GWh (contre 248 GWh en 2017). A noter que la situation de la centrale de Rio Pardo s’est complexifiée en raison des difficultés financières que traverse son partenaire sucrier Usina Rio Pardo, placé en redressement judiciaire (recuperação judicial).

« Le processus de redressement judiciaire brésilien est très long, ce qui provoque une certaine incertitude qui nous a poussé à passer des provisions en dépréciations d’actifs. Pour autant, plusieurs options possibles sont sur la table et une reprise du site par un autre industriel est envisageable », rassure Frédéric Moyne. Le 21 décembre 2018, Albioma a signé avec le groupe Jalles Machado le contrat définitif permettant l’acquisition de 60% de l’unité de cogénération bagasse adossée à la sucrerie-distillerie éponyme, la 4ème centrale du groupe dans le pays. Autre point positif, le gouvernement de Bolsonaro a confirmé la tenue prochaine des appels d’offres EnR. Albioma regarde également d’autres territoires insulaires sur lesquels il pourrait valoriser son expertise.