Véhicules électriques : le finlandais Virta adepte de la recharge en souplesse

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(© Virta)

La gestion de l’équilibre du réseau électrique devient un enjeu pour les exploitants de bornes de recharge. E-On vient ainsi de signer un accord avec la jeune plateforme numérique finlandaise Virta pour optimiser la gestion de ses bornes. L’énergéticien allemand en possède plus de 7 000 et en vise 10 000 en 2020, dans plusieurs pays européens.

Gérer les bornes plutôt que renforcer le réseau

Basé à Helsinki et fondé il y a quatre ans, Virta est un spécialiste de la recharge intelligente des véhicules électriques, en fonction des contraintes réseau mais aussi des opportunités tarifaires. Par exemple, sur plusieurs marchés scandinaves, il propose aux clients de programmer la charge en fonction des prix de ...

marché de l’électricité. Dans d’autres pays, la plateforme attire surtout pour l’instant par sa capacité à gérer au mieux les stations de recharge en fonction de la sollicitation du réseau. « Dans un immeuble résidentiel, le nombre de véhicules électriques n’est en général pas assez important pour augmenter la puissance du réseau tout de suite. Il est préférable de limiter la consommation des bornes en gérant la répartition entre les différents véhicules », explique Emilie Calmettes, service developer chez Virta. L’entreprise travaille aussi en R&D sur la communication entre l’immeuble et les bornes. Par exemple, lorsque la consommation des appareils électroménagers connectés deviendra trop importante, la recharge des véhicules sera stoppée ou ralentie. Le finlandais se prépare par ailleurs à gérer les bornes bidirectionnelles, encore très rares, pour fournir des services au réseau (vehicle to grid) en profitant de la capacité de stockage des batteries.

Les bornes du Loir-et-Cher

Fournisseur d’une cinquantaine de clients en BtoB, Virta gère à l’heure actuelle 3 000 points de charge en Europe, dont 700 en France, pour le compte des syndicats d’énergie d’Indre-et-Loire (SIEIL, 420 bornes dans 170 communes) et du Loir-et-Cher (Sidelc). Virta ne sécurise pas seulement la relation avec le réseau électrique mais s’occupe aussi de la relation client (via une appli notamment) et des paiements, en favorisant l’interopérabilité – un vrai problème aujourd’hui dans la Tour de Babel européenne. Le chiffre d’affaires (confidentiel) de cette société de 63 personnes a bondi de 204% au premier semestre 2018. «  The crazy days are coming », prédit son fondateur Jussi Palola, convaincu que la mobilité électrique va se généraliser.

Il n’est pas le seul puisqu’en France, EDF a annoncé en octobre son intention de devenir le premier opérateur européen d’infrastructures de recharge publique et privée dès 2022, avec 75 000 bornes dans quatre pays : Grande-Bretagne, Italie, Belgique et France. Le groupe sera accompagné entre autres par la start-up américaine Nuuve, l’une des concurrentes de Virta. Cela dit, pour l’instant, la mobilité électrique européenne reste marginale : selon la prévision de la base de données EV-Volumes, sa part sur le marché des véhicules légers en 2018 devrait plafonner encore à 2,3%, pour 410 000 ventes de voitures électriques et hybrides dans l’année.