Dieppe-Le Tréport : décision demain, probablement positive, les pêcheurs envisagent une « ZHAD »

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(Crédit : Siemens)

Repoussé à plusieurs reprises depuis la date initiale du 27 novembre, le vote définitif de l’Agence française pour la biodiversité (AFB) sur le projet éolien en mer de Dieppe–Le Tréport aura bien lieu demain mardi 20 février. Le délai a servi à mener de nouvelles discussions entre l’Etat et les différentes parties prenantes, parmi lesquelles les ONG.

Figurant avec WWF France et la LPO parmi les membres du conseil d‘administration de l’AFB, France Nature Environnement va proposer un avis favorable avec réserves. « Le pétitionnaire (Engie-EDPR-CDC, NLDR) de même que le responsable des raccordements ont fourni des éléments satisfaisants d’un point de vue environnemental », considère  ...

François Piccione, cooordinateur du réseau Océans-Mers-Littoraux de FNE. Quels éléments ? Par exemple, le développeur accepte d’installer des bouées MAVEO, encore à l’étape R&D, et des radars pour le suivi en quasi-temps réel des chauves-souris et des oiseaux, en particulier les migrateurs qui se déplacent entre le continent et les Iles britanniques. « Cette instrumentation pourrait entraîner l’arrêt des éoliennes pendant les périodes critiques », indique François Piccione.

Une ZAD marine ?

FNE ne veut pas pour autant pronostiquer la décision de l’instance. Mais il y a de bonnes chances que l’avis définitif soit positif, en particulier parce que le ministère de la Transition écologique et solidaire y est favorable – lEtat compte 10 représentants au sein du CA de l’AFB, qui compte 43 membres. Cet avis contredirait ainsi celui du conseil de gestion du Parc naturel marin des estuaires picards et de la mer d’Opale d’octobre dernier. Cela dit, un feu vert officiel ne suffira pas à lever les oppositions locales, en particulier celle des pêcheurs, de plus en plus manifeste sous forme de pétitions et de manifestations. Au contraire, en cas d’avis conforme favorable, certains professionnels de la mer envisagent de créer une  « Zone halieutique à défendre (ZHAD) », sur le modèle de Notre-Dame des Landes. Leur mouvement, durci la semaine dernière, déborde d’ailleurs la région normande pour s’étendre à d’autres rivages, en particulier ceux de Noirmoutier où le consortium emmené par Engie prévoit d’implanter son deuxième parc.