La Californie adopte le système du paiement des droits d’émissions de CO2

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Avec le feu vert de l’autorité californienne de l’air, la Californie a non seulement durci son objectif de réduction des émissions de CO2, qui doivent revenir en 2020 au niveau de 1990, soit une réduction de 30%, mais aussi adopté le système de paiement des droits d’émissions au dessus d’un quota préétabli (dit du « cap and trade », comme en Europe).

Le California Air Resources Board, qui a ainsi finalement donné son feu vert à une loi passée en 2006, soutenue par le gouverneur Arnold Schwarzenegger, précise que ce système s’appliquera à toute une série d’industries les plus polluantes — raffineries, centrales électriques… — qui devront payer si elles dépassent leur quota, avec la création d’un marché d’échange des émissions de carbone.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’un groupement de 7 Etats américains et 4 provinces canadiennes, le Western Climate Initiative, qui ont prévu de créer un marché régional du carbone.

Côté Bourse du carbone, la Californie n’est pas la seule aux Etats-Unis. Depuis 2003 s’est créé le Chicago Climate Exchange, une Bourse d’échanges de droits d’émissions de carbone adoptés sur une base volontaire,  la première du genre aux Etats-Unis. Le NYMEX (New York Mercantile Exchange) a lui créé début 2008 le Green Exchange, une autre Bourse du carbone, en partenariat avec le courtier en carbone Evolution Markets. Ces deux Bourses commercialisent des contrats « futures » sur les quotas carbone déterminés par le RGGI, une initiative d’un groupe d’Etats du nord-est des Etats-Unis qui se sont dotés d’un programme volontaire de limitation et d’échanges des droits d’émissions de CO2.

Et, prochaine étape, attendue avec impatience par tous les acteurs du marché du carbone aux Etats-Unis, y compris les centrales d’énergie et les producteurs d’énergies renouvelables, Barack Obama devrait implanter ce système au niveau national.

Mais la Californie est bien le premier Etat américain à avoir inscrit dans sa loi un plan de réduction du CO2 impliquant tous les secteurs de l’économie, y compris le bâtiment ou encore les transports routiers, qu’elle espère voir donner le « la » au reste des Etats-Unis.

Ce plan pourrait lui coûter des dizaines de milliards de dollars, mais elle en espère aussi de considérables économies d’énergie, et surtout une lutte contre l’effet de serre, désastreux pour cette région aux ressources en eau fragiles.