Les échanges de CO2 s’envolent en Europe, balbutient aux Etats-Unis

Print Friendly, PDF & Email

BoursePas de trêve estivale sur les bourses européennes de l’environnement. BlueNext, la bourse codétenue par NYSE Euronext (60% du capital) et la Caisse des Dépôts (40%), vient de battre un nouveau record sur son marché au jour le jour : 1 504 000 tonnes de CO2 ont été traitées durant la journée du 14 août sur le marché des quotas européen de type EUA. A plus de 10 jours de la fin du mois d’août, le volume total de quotas échangés sur la plate-forme s’élève déjà à 8 239 000 tonnes. En juillet, les volumes ont atteint 9 millions de tonnes. 

Les concurrents de BlueNext enregistrent la même tendance, ce qui rend le marché plus liquide. La bourse allemande EEX a annoncé un nouveau record le 19 août sur le marché des dérivés du carbone : plus de 3 518 000 millions de droits d’émissions (EUA) échangés ce jour là. Le précédent record avait été établi le 3 mars dernier avec 1 096 000 quotas échangés. Le troisième grand acteur européen, European Climate Exchange (ECX), a également fait part d’une forte progression en juillet, avec trois fois plus d’échanges enregistrés sur ses différents marchés du CO2 qu’en juillet 2007. 

L’Union européenne est la plus en pointe au niveau mondial dans les échanges de CO2. L’unité utilisée sur les différentes bourses est constituée par les droits d’émissions de type EUA (European Union allowances), définis dans le cadre du programme ETS (European trading Scheme) destiné à limiter les émissions de gaz à effet de serre pour respecter le protocole de Kyoto. Les Etats membres se voient attribuer des quotas d’émissions, alloués ensuite aux entreprises dans le cadre des Plans nationaux d’allocations de quotas. Les entreprises qui n’utilisent pas tous leurs quotas peuvent les revendre à celles qui polluent davantage qu’elles n’y sont autorisées sous forme de permis à polluer. En 2006, le déséquilibre entre une offre importante et une demande limitée avait fait chuter le cours du CO2. Mais depuis, la donne a changé.

Dans le cadre du paquet Energie-Climat en cours de discussion, la Commission européenne souhaite faire payer les quotas d’émissions aux entreprises à partir de 2013. Ce qui ne peut que faire bondir le prix du carbone. Aujourd’hui, celui-ci s’échange à moins de 30 euros la tonne mais il pourrait rapidement grimper à 100 euros, voire plus, selon Kevin Parker, directeur général de Deutsche Asset Management.

Les bourses d’environnement procèdent aussi à du négoce sur les Certificats de réduction d’émissions, les CER, un mécanisme validé par les Nations Unies toujours dans la cadre de Kyoto. Les CER sont attribués aux entreprises qui investissent dans des projets en faveur de l’environnement, essentiellement dans les pays émergents, pour gonfler leurs droits à polluer. 

Si le marché du carbone est aujourd’hui essentiellement européen, il devrait s’étendre rapidement à d’autres régions. Aux-Etats-Unis, les deux principaux candidats à l’élection présidentielle, le démocrate Barack Obama et le républicain John McCain, ont  annoncé leur intention d’instaurer un système fédéral d’échange de crédits de CO2. Sans attendre, les premiers crédits réglementés de CO2 viennent d’être échangés sur le Chicago Climate Futures Exchange dans le cadre d’un accord réunissant une dizaine d’Etats du nord-est du pays. La « Regional Greenhouse Gas initiative » réglemente les émissions de gaz à effet de serre issues du secteur électrique de ces Etats. 

En Chine, la Chinese national Petroleum Corporation Assets Management (CNPCAM) a signé, en décembre 2007, un partenariat avec le Chicago Climate Exchange (CCX) pour étudier la faisabilité et la mise en oeuvre d’une plate-forme d’échange de carbone. 

(Photo : DR)

Article précédentRecycler, priorité des entreprises pour une production plus écologique
Article suivantLa géothermie, géant oublié des énergies renouvelables, en plein réveil

Comments are closed.