
Travailler sur la demande et simplifier les processus. Le Syndicat des énergies renouvelables présentait ce jour ses 27 propositions pour la campagne présidentielle de 2027, à retrouver en fin d’article. Dans un contexte où les énergies renouvelables (EnR), éolien et solaire en tête, sont moins en odeur de sainteté auprès des pouvoirs publics, le Ser axe ses propositions sur la consommation d’électricité, dans la droite ligne du plan d’électrification.
Le financement de la transition
Pour les ménages, il propose de créer un « bouclier énergétique universel » qui regrouperait l’ensemble des aides existantes et à venir à la transition énergétique, de MaPrimeRénov’ au leasing social. Le tout, financé par les recettes espérées du 2e volet du marché carbone européen, estimées aux alentours de 13 Mds€ de 2026 à 2032.
Il propose aussi de mobiliser l’épargne des Français pour financer des projets d’énergies renouvelables via un « fonds de transition énergétique ». Autre fonds, autre énergie : le Ser préconise de soutenir un « plan chaleur et froid » par un fonds pluriannuel, histoire de réduire les stop and go sur le Fonds chaleur, encore menacé dans le projet de loi de Finances (PLF) de 2027.
La fiscalité
En parlant de PLF, le syndicat veut exonérer partiellement ou complètement d’accise l’électricité achetée via des contrats d’achat d’électricité (PPA). Cette mesure fiscale doit passer par une loi de Finances. Ce ne sera sûrement pas la prochaine, confie Jules Nyssen.
Il insistera en revanche pour faire évoluer la « taxe éolienne maritime » dès le prochain texte. Cette sorte d’Ifer pour les parcs éoliens en mer ne s’applique pas aux futurs parcs de l’appel d’offres numéro 10, trop éloignés des côtes pour entrer dans le périmètre de la taxe. Par conséquent, les communes et les comité des pêches, rémunérés normalement par cette taxe, ne toucheront pas de revenus.
Planifier, avec des appels d’offres
Sur la production en tant que telle, le Ser veut une « programmation de long terme (2050) ». Elle récapitulerait entre autres les systèmes de soutien au déploiement des EnR. Jules Nyssen précise que les appels d’offres en font partie.
Le dispositif n’est pourtant pas mentionné une seule fois dans le document. « La trajectoire des appels d’offres n’est pas le sujet fondamental de la présidentielle », indique Jules Nyssen. Il s’agit pourtant du principal moyen de financement du solaire et de l’éolien et aucun ne se profile à l’horizon de 2028. Mais le sujet est incandescent car ils sont dans le viseur des pouvoirs publics. Les syndicats négocient en ont déjà assez de négocier pour s’assurer d’avoir quelques périodes en 2027. « On ne voulait pas, dans quelque chose qui vise 2050 et les présidentielles, parler de quelque chose dont on va parler tout de suite », justifie ainsi le président du Ser.
Le syndicat tiendra son colloque le 29 septembre et présentera ses propositions aux représentants des candidats à l’élection présidentielle, invités sur une table ronde commune. La ministre de l’Energie, Maud Bregeon, en revanche, ne sera pas présente.
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