
Exclusif — Bernard Fontana, PDG d’EDF, et Marine Le Pen, candidate RN à la présidentielle, se sont entretenus au siège d’EDF en début de semaine. L’occasion d’échanger sur « Marie Curie ». Non pas la physicienne, mais le programme énergétique du parti à la flamme. Ce n’est pas par hasard si le programme se nomme ainsi, puisque le RN mise beaucoup sur le nucléaire. Plus précisément, sur 20 nouveaux réacteurs d’ici 2040.
Pour Bernard Fontana, la construction de ces 20 réacteurs n’est pas insurmontable. Au contraire, selon nos informations, ce nombre ramènerait le coût unitaire de la production nucléaire autour de 70€/MWh, a-t-il signifié à Marine Le Pen. Soit un montant proche des coûts du nucléaire existant — environ 65 €/MWh selon EDF, 60€/MWh selon la Commission de régulation de l’énergie. Loin, aussi, du coût exorbitant du dernier réacteur installé : Flamanville 3, récemment livré avec des années de retard et une facture alourdie.
Combien de réacteurs au juste ?
Bernard Fontana a pris la tête du premier énergéticien d’Europe en 2025, après le départ précipité de son prédécesseur Luc Rémont en conflit ouvert avec Bercy, Matignon et l’Elysée. Bernard Fontana, depuis dix ans à la tête du chaudiériste nucléaire Framatome, était jugé plus apte pour mener à bien le programme de construction de six nouveaux réacteurs d’ici 2040. Depuis lors, EDF a transmis son devis à la Commission européenne chargée d’évaluer son adéquation avec les règles de concurrence de l’UE. La réponse est attendue avant la fin de l’année pour valider la décision finale d’investissement.
L’énergéticien voit déjà plus loin. Il n’a pas oublié qu’Emmanuel Macron, lors de son discours de Belfort de février 2022, n’avait pas seulement annoncé 6 réacteurs mais 14, plutôt pour 2050. Cet objectif reste non seulement d’actualité chez EDF mais, dans la continuité de l’échange entre Bernard Fontana et Marine Le Pen, plusieurs membres du comité exécutif de l’entreprise se verraient bien aller au delà des 14, confient plusieurs sources au fait du dossier. Interrogé par GreenUnivers, EDF indique « recevoir tous les candidats qui le souhaitent, quel que soit leur parti politique ». Le RN n’a pas encore réagi à nos sollicitations.

