Les échos de Time to Change [2e journée]

Time to Change 2026 Plénière souveraineté énergétique
Memento

Une sélection d’informations sur les investisseurs et entrepreneurs de la transition énergétique et écologique collectées lors de la seconde journée du Forum Time to Change 5e édition. Il est organisé par l’Association française des investisseurs institutionnels (Af2i), GreenUnivers et Option Finance les 26 & 27 mars 2026 à Deauville (Calvados).

  • Deux anciens dirigeants et fondateurs d’Akuo Energy cédé à Ardian se tournent vers la finance pour améliorer l’agriculture. Patrice Lucas a lancé Micellium, une société d’investissement dédié à l’accélération de la transition dans ce secteur. Ce pionnier de l’agrivoltaïsme chez Akuo va utiliser son expérience pour créer des centrales électriques mais des fonds seront aussi consacrés à la régénération des sols, à la gestion des déchets, à la biodiversité que favorise l’agroécologie. « Il n’y a plus de discussion quant au fait que le modèle agricole dominant est à bout de souffle », assure Patrice Lucas. Micellium va approfondir son partenariat avec le fonds Agriterra Group, créé par Steve Arcelin, lui aussi co-fondateur d’Akuo et lui aussi investisseur dans la régénération agricole. Des co-investissements avec des family offices vont être réalisés dans le foncier et dans les exploitations avec les agriculteurs, annonce Patrice Lucas. Les financeurs resteront 5 à 10 ans. Quelque 50 M€ pourraient être investis dans les cinq ans qui viennent, dans des fermes de 200 à 300 hectares et à raison d’une dizaine d’opérations par an, dimensionne Patrice Lucas auprès de GreenUnivers.

  • Avec les EnR sans subventions, « nous n’achetons plus un flux de revenu, mais un modèle d’exploitation », indique Laurent Perno, directeur du développement des EnR au Crédit Agricole. Le banquier confie être désormais plus regardant sur le prix complet du kWh produit (LCOE) et la possibilité d’optimiser l’actif investi, en intégrant du stockage par exemple. Les fonds propres nécessaires seront plus importants, « mais rien de catastrophique ». Il reconnait cependant que les banquiers « ne sont pas ouverts d’esprits » sur le financement de projets sur 20 ans à prix de marché. D’où l’intérêt, selon lui, de recourir notamment aux contrats de gré à gré (PPA).

  • AG2R La Mondiale compte fournir 200 M€ en 2026 aux gestionnaires d’actifs dans le cadre d’une poche d’investissement dédiée à l’infrastructure, entre autres dans les entreprises du mid-market dans les thématiques de flexibilité et de repowering.

  • Après avoir totalement investi son fonds Eurazeo Transition Infrastructure Fund (ETIF) – neuf investissements, dont les deux derniers ont été dans Water Direct et Terralayr -, Eurazeo prépare (en phase de pré-marketing) son prochain millésime infra, à 1 Md€, plus ambitieux donc que le précédent qui avait été bouclé à plus de 700 M€.
  • C’est un effet Trump mais façon boomerang : « en 2025, 80 Mds€ d’argent européen ont été retirés aux gestionnaires d’actifs américains« , pointe Grégoire Hug, fondateur de Weefin, éditeur de logiciels de collecte de données sur la conformité aux normes RSE européennes.  Il évoque entre autres le transfert par le britannique The People Pension de 37 Mds€ depuis State Street vers Amundi et d’autres sociétés. C’est une rupture après dix ans de conquête US dans les fonds du Vieux continent : entre 2015 et 2025, les encours européens gérés outre Atlantique étaient passés de 2 200 Mds$ à 4 900 Mds$, rappelle Grégoire Hug. En conséquence, certains américains tentent de montrer patte blanche dans leurs critères de gestion mais le font discrètement pour ne pas être critiqués dans leur pays ; ils pratiquent le greenhushing, par opposition au greenwashing.  
  • Up&charge cherche 8 à 10 M€ en série A avant la fin d’année, pour le déploiement de ses bornes de recharge à induction pour véhicules électriques. La start-up francilienne, fondée en 2021, a levé 5 à 6 M€ à date auprès de Paris Business Angels, Bpifrance (390 000€) et la plateforme de financement participatif Tudigo (3,5 M€). Ces fonds lui ont permis d’installer une quinzaine de bornes en 2025, pour un chiffre d’affaires de 200 000€. Comptant déjà le ministère de l’Intérieur parmi ses clients, elle s’apprête désormais à installer des bornes sur des sites d’Orange, de Dalkia, d’Enedis, de Socomec. Elle équipera dans trois semaines son premier camion chez Servair, la filiale de restauration aérienne d’Air France KLM. Ses équipes s’envoleront dans le même temps pour déployer quelques bornes au Congo. Pour 2026, elle compte déjà 20 précommandes et en vise une centaine à la fin de l’année.

  • La jeune pousse montpelliéraine Lineup Ocean, lancée il y a quatre ans, cherche à lever 2 M€ d’ici la fin de l’année. Spécialisée dans l’écoconception des aménagements maritimes, en s’inspirant de la nature, elle conçoit et produit, via l’impression 3D, différents dispositifs d’infrastructures et expérimente également la création de microrécifs installés sur des éoliennes en mer. Elle participe par ailleurs au projet Fishwind qui réunit pêcheurs, scientifiques et industriels pour trouver des solutions innovantes à la coexistence de la pêche artisanale et le développement de parcs éoliens en mer.

  • Et c’est la start-up SAO Textile, spécialisée dans le recyclage de filets de pêche usagés pour créer des textiles de demain, qui gagne le prix de la start-up Time to Change 2026. Enfin, d’autres jeunes pousses sont venues présenter leurs innovations, à l’instar d’Apiday, spécialisée dans les logiciels de reporting ESG fondé sur l’intelligence artificielle pour les investisseurs dans le non coté. Créée en 2021 par Charles Moury et Edouard Audi, l’entreprise compte aujourd’hui 50 collaborateurs dans ses rangs et travaille avec des acteurs de la finance tels que Amundi ou Ardian. Elle a levé, en 2024, 10 M€ auprès de Daphni, Aenu, Swen Capital et Galion.exe, aux côtés de ses actionnaires historiques Speed Invest et Revent.
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