Entretien exclusif avec Agnès Pannier-Runacher réalisé le 19 septembre, au moment de la constitution du nouveau gouvernement mais avant que son nom soit cité parmi les ministres potentiels.
La politique énergétique française s’apprête à avoir un pilote et celle de l’Europe va être conduite par de nouveaux protagonistes. En charge du sujet au gouvernement en 2022 et 2023 lors d’une crise de magnitude exceptionnelle qui ne l’a pas empêchée de faire émerger des textes structurants comme la loi Aper et la Programmation pluriannuelle de l’énergie, tout en modifiant les équilibres en Europe à l’égard du nucléaire avant de rejoindre l’hiver dernier un autre secteur en crise – l’agriculture -, Agnès Pannier-Runacher n’a pas peur des missions périlleuses. Son élection à l’Assemblée nationale en juillet sous l’étiquette Ensemble pour la République, dans une circonscription elle aussi « difficile » du Pas-de-Calais, le confirme. Elle livre son analyse des enjeux énergétiques, en France et en Europe.
GreenUnivers : en tant que députée et secrétaire de la Commission des affaires économiques, sur quels sujets allez-vous vous investir à l’Assemblée nationale ?
Agnès Pannier-Runacher : l’agriculture, la transition décarbonée, la simplification. Pour l’agriculture, je souhaite que la loi d’orientation agricole aboutisse vite et soit complétée. Sur l’énergie, les parlementaires doivent s’assurer qu’on dispose d’une Programmation pluriannuelle de l’énergie opérationnelle couplée à des plans industriels pour les filières, par exemple pour l’éolien en mer, le solaire, ainsi que la géothermie et plus largement la chaleur renouvelable. L’idée est d’articuler la transition décarbonée avec la création d’emplois et le renforcement de l’appareil de production. Cette approche n’est pas circonscrite au climat, elle vaut aussi pour la biodiversité.
GU : sur la simplification, un exemple précis dans l’énergie de ce que vous voulez encourager ?
A P-R : la simplification est un exercice difficile pour des parlementaires dont le rôle est d’écrire la loi au risque d’être trop précis et de ne pas laisser suffisamment d’initiative sur le terrain. Par exemple, sur les procédures d’autorisation environnementale, laisser aux préfets la faculté de passer à la simple déclaration dès lors qu’il n’y a pas d’enjeu ; ou à l’inverse relever le niveau de traitement lorsque l’affaire est complexe.
« Le rapport Draghi, un diagnostic implacable et lucide »
GU : que pensez-vous du rapport de Mario Draghi consacré à la compétitivité de l’Europe ?
A P-R : c’est ...
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