Dans les îles, Enedis prépare l’essor du solaire diffus

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(Crédit : T. Blosseville)

Une île alimentée à 100% en électricité renouvelable d’ici 2021 : Enedis veut faire de Saint-Nicolas des Glénan, dans le Finistère, sa vitrine dans les micro-réseaux intelligents. Le distributeur d’électricité faisait visiter ce 13 juin à la presse ce projet insulaire, que GreenUnivers présentait dès le mois dernier. « Un concentré de ce que nous faisons en France dans les réseaux électriques intelligents », décrit Jean-Philippe Lamarcade, directeur régional Bretagne d’Enedis. « Avec des technologies dont nous pourrons avoir besoin sur le continent, pas seulement sur les îles. » Eolien, photovoltaïque, stockage par batteries (au plomb) et par air comprimé… Pour assurer l’équilibre du réseau à Saint-Nicolas des Glénan, Enedis a conçu un système de gestion de l’énergie sur mesure, avec la PME quimpéroise Enag et EDF Store & Forecast.

Les années 2019-2020 seront celles de l’apprentissage pour affiner le dispositif. Ensuite, « avec l’essor de l’autoconsommation collective et des écoquartiers, ce système de pilotage pourra ...

nous être utile sur tout le réseau national », assure Philippe Monloubou, président du directoire d’Enedis. Compte-tenu de la densité du réseau de distribution sur le continent, il faudra tout de même que le mix local soit « suffisamment élaboré » pour avoir besoin d’un tel système, concède-t-il. En clair, qu’il soit un peu trop complexe à gérer avec les outils habituels du réseau.

Les îles comme laboratoires

Quels cas d’usage seront donc concernés ? D’abord l’intégration de projets diffus dans le photovoltaïque. La Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) prévoit des volumes conséquents pour la filière solaire. Dans le lot, Enedis s’attend à un nombre significatif de projets en toitures et certains pourraient – à moyen terme – bénéficier des solutions de pilotage développées dans les îles, surtout là où la production dépasse la consommation à certains moments. « Par exemple, dans des zones industrielles et commerciales où la demande baisse les week-ends. Ou bien sur de grands bâtiments résidentiels ou tertiaires dont la consommation diminue l’été », illustre Antoine Jourdain, directeur technique d’Enedis, citant le cas d’un centre commercial à Lille, qui travaille sur le modèle économique du smart grid dans le cadre du projet So Mel So Connected.

Au-delà de Saint-Nicolas des Glénan, le distributeur va mener des tests sur les îles de Lérins en Méditerranée. Objectif : que le solaire prenne au maximum le relais du réseau national en cas de coupure des câbles qui relient les îles au continent. Autre exemple, à Belle-Ile, le projet Flex Mob’Ile porté par Renault va coupler autopartage de voitures électriques, stockage stationnaire avec des batteries de seconde vie et centrales photovoltaïques. « Nous pourrons y utiliser la technologie développée aux Glénan pour piloter à distance la puissance des bornes de recharge », prévoit le directeur régional Jean-Philippe Lamarcade.

Les Bretons adeptes de l’autoconsommation

Les îles ne sont pas les seules concernées. Avec 1,4 million de compteurs Linky installés, la Bretagne entière fait office de cas d’application. « Près de 70% de nos clients bretons sont déjà équipés de Linky, et même 90% dans certaines zones », chiffre Jean-Philippe Lamarcade. L’autoconsommation – individuelle et collective – y serait plébiscitée. Un projet d’autoconsommation, peut-être avec stockage, est à l’étude à l’université de Rennes. Initialement prévu pour 2019, il devrait plutôt être prêt en 2020. Enedis chiffre par ailleurs à 15 le nombre de projets d’autoconsommation collective labellisé par l’initiative Smile en Bretagne et dans les Pays de la Loire.

Un tout autre cas, enfin, pourrait être envisagé. Au-delà du seul photovoltaïque, ces outils de pilotage pourraient être considérés dans les situations de crise, en cas d’aléas météos ayant un impact sur le réseau. L’idée est de voir si les sources renouvelables locales peuvent aider à réalimenter rapidement les foyers privés d’électricité. Une expérimentation de ce type serait en préparation dans le Limousin.