Un GT pour la relance des réseaux de chaleur, avec ou sans taxe carbone

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(Crédit : Fonroche)

Comment redynamiser les réseaux de chaleur renouvelable en France, alors que le prix du gaz reste trop faible pour les rendre immédiatement compétitifs ? C’est tout l’enjeu du groupe de travail (GT) inédit lancé hier par Emmanuelle Wargon, secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire. Ce groupe, qui rassemble des administrations, des collectivités locales et des fédérations professionnelles, a prévu trois réunions plénières pour l’instant. IL est divisé en plusieurs sous-groupes et doit aboutir à des préconisations d’ici trois à quatre mois. L’idée est de mettre ces réseaux de chauffage collectif en cohérence avec les anticipations du projet de Programmation pluriannuelle de l’énergie. Lequel prévoit que ces réseaux produisent entre 22 et 26,7 TWh de chaleur d’origine non fossile en 2023, contre seulement 14 TWh en 2017, selon le Panorama 2018 de la chaleur renouvelable.

Un mécanisme de marché souhaité

Mais comment y parvenir alors que le principal instrument capable de ...

sortir la filière du plateau, où elle stagne, se trouve remis en question – en l’occurrence la Contribution climat énergie, dont la trajectoire à la hausse est stoppée ? « La taxe carbone nous remettait en ligne pour retrouver de la compétitivité par rapport au gaz, en 2021, pour des projets qui mettent plusieurs années à se construire. Aujourd’hui, nous sommes dans l’inconnu », s’inquiète Pascal Roger, président de la Fedene. Cette fédération des entreprises de l’efficacité énergétique ne veut pas se substituer au gouvernement pour proposer une relance de la taxe. En revanche, elle estime qu’un mécanisme de marché, avec fiscalité incitative compensée par ailleurs, reste le plus adapté pour favoriser les sources de calories renouvelables comme le bois, la géothermie, la chaleur de récupération face au gaz. « Si ce mécanisme est absent, alors il nous faudra des aides pour reprendre la bonne trajectoire », formule Pascal Roger.

La réserve des CEE

Quelles aides ? La Fedene rappelle que le soutien de l’Ademe à la chaleur renouvelable depuis dix ans culmine à 800 M€, très en deçà des aides cumulées apportées aux EnR électriques via la CSPE. C’est une première piste, qui pourrait justifier une nouvelle augmentation du Fonds Chaleur. Mais d’autres idées pourraient émerger lors du groupe de travail. Par exemple, mieux mobiliser les certificats d’économies d’énergie, à la recherche de nouveaux gisements, justement.

D’autres mesures, non financières, semblent envisageables et certaines sont d’ailleurs déjà suggérées par la PPE. Le « classement » des réseaux par exemple, afin qu’une collectivité rende obligatoire le raccordement, pour les nouveaux bâtiments ou les bâtiments lourdement rénovés, dans les zones favorables. Ou encore, demander aux villes de plus de 10 000 habitants une étude systématique de faisabilité. A noter que Via Seva, une association de promotion des réseaux de chaleur, a lancé en janvier dernier une carte en ligne des 535 réseaux de chaleur et de froid existants, assortie de plus de 350 plans de réseaux, appelés « réseaux prospectifs », lesquels donnent une idée du potentiel du pays.