L’armée fait un peu plus de place aux éoliennes

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(Crédit : Dassault Aviation)

L’armée française fait un geste en faveur des éoliennes. Elle vient de « libérer » 13,3% des zones d’entraînement de ses avions à basse altitude, après avoir fait de même en 2014 sur 14% de ces aires. Un communiqué du ministère de la Transition écologique et solidaire (MTES) l’affirme, 9 000 km² « à fort potentiel éolien » peuvent désormais être étudiés par les développeurs de projets. Pour rappel, les secteurs d’entraînement à basse altitude de l’armée de l’air concernent environ 20% du territoire national. Il reste que ce « fort potentiel éolien » demande à être vérifié. En 2018, France Energie Eolienne (FEE) avait transmis au ministère des Armées une carte des zones à ouvrir prioritairement, car elles se trouvaient exemptes de contraintes lourdes comme la proximité d’un aérodrome ou d’une zone Natura 2000. « Nous allons examiner dans quelle mesure les zones que nous avions recommandées et celles retenues par l’Armée se recoupent. Nous saurons ...

ensuite s’il s’agit de territoires à fort potentiel éolien », explique Pauline Le Bertre.

Changement de tonalité

La décision de l’armée va néanmoins dans le bon sens pour les développeurs et confirme d’ailleurs un changement d’ambiance dans les relations mouvementées entre l’énergie éolienne et l’institution militaire. Une note de FEE estimait en 2017 que « les règles d’implantation des éoliennes dans ces secteurs (sous contraintes militaires, NDLR), parfois peu transparentes pour la profession, n’ont pas cessé de se durcir depuis l’année 2013 et aujourd’hui les projets éoliens sont refusés dans plus de 70% de ces zones ». La tendance s’est manifestement inversée.

Le balisage lumineux atténué

Un assouplissement est aussi confirmé sur le signal lumineux des turbines, qui concerne l’aviation militaire et civile. « De nouvelles règles de balisage entreront en vigueur à compter du 1er février 2019 dans le but d’atténuer la gêne visuelle des éoliennes pour les populations. De plus, un groupe de travail associant les porteurs de projets éoliens, les usagers aéronautiques et les régulateurs du ministère de la Transition écologique et solidaire et du ministère des Armées poursuit les travaux de définition de solutions techniques permettant de prolonger cet effort », détaille le MTES. Dès maintenant, la fréquence des éclats lumineux des turbines va pouvoir diminuer, par exemple. Mais l’idée est d’aller plus loin et d’arriver si possible, un jour, à des turbines invisibles la nuit sauf lorsque des avions s’approchent, selon la technique du balisage dit circonstancié.

Les travaux interministériels sur l’éolien n’ont en revanche pas encore eu de débouché concret sur l’actuelle distance minimale de 30 km entre les radars de l’armée et les turbines, troisième sujet majeur de la thématique des contraintes militaires. Prévu par l’article 141 de la LTE 2015, un décret doit toujours définir les conditions d’implantation des éoliennes aux abords des installations militaires, de l’aviation civile et de Météo France.