Vestas et Mitsubishi convolent enfin dans l’éolien offshore (Premium)

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V164-8.0 MW © Vestas 2012 all rights reserved
V164-8.0 MW © Vestas 2012 all rights reserved

On l’attendait depuis longtemps : le danois Vestas et le japonais Mitsubishi Heavy Industries (MHI) ont annoncé ce matin la création d’une coentreprise dédiée au développement, à la fabrication et à la vente d’éoliennes offshore. Elle sera détenue à parité, avec une option ...

pour MHI de monter à 51% en 2016. Les deux groupes avaient indiqué, en août 2012, avoir engagé des discussions en vue d’une éventuelle coopération stratégique. 

La joint venture, basée au Danemark, va reprendre le développement de la turbine de 8 MW de Vestas, son carnet de commandes pour sa turbine V112 (dont Vestas continuera à assurer la fabrication), ses contrats de maintenance dans l’offshore ainsi que 300 salariés. MHI va pour sa part apporter 100 M€ en cash et ultérieurement une deuxième tranche de 200 M€ qui sera débloquée en fonction de la réalisation d’objectifs liés au début de cycle de sa turbine V164.

Un tandem complémentaire

L’alliance entre les deux entreprises paraissait inéluctable, tant elles ont besoin l’une de l’autre pour se développer sur ce marché. Vestas a été un pionnier des turbines offshore avec une machine de 3 MW (modèle V112), mais il a ensuite pris du retard sur le plan technologique. Il s’est fait dépasser par l’allemand Siemens, qui a installé 860 MW d’éolien offshore en Europe en 2012 sur un total de 1 166 MW installés par l’ensemble des turbiniers, soit une part de marché de 74%, selon les chiffres de l’EWEA (European Wind Energy Association). D’autres acteurs comme REpower ou Areva sont aussi devenus des concurrents redoutables. Résultat : sur l’ensemble du parc européen de 5 GW installés à fin 2012, Vestas n’en détenait plus que 28%, contre 36% l’année précédente. Pour se rattraper, Vestas a lancé le développement d’une turbine de 7 MW, dont la puissance a finalement été gonflée à 8 MW (modèle V164). Mais elle est toujours en chantier.

Mitsubishi lui apporte une expertise industrielle et surtout un soutien financier précieux alors que Vestas affiche des pertes importantes depuis deux ans. Le groupe enchaîne les mauvais résultats malgré une restructuration drastique, ce qui a valu le limogeage de son PDG Ditlev Engel, en août dernier.

Grandes ambitions pour MHI

De son côté, MHI a de grandes ambitions dans l’offshore, mais il part de zéro ou presque. Le groupe a acheté en 2010 une société d’ingénierie britannique, Artemis Intelligent Power, qui a développé une technologie de motorisation hydraulique qui doit lui permettre de se différencier. La nouvelle joint venture pourra éventuellement récupérer cette technologie pour l’intégrer dans sa future turbine de 8 MW.

MHI a développé une turbine de 7 MW, mais en est encore à la phase des tests. Il a annoncé, en janvier 2013, viser une part de marché de 10% à l’horizon 2017, avec comme cible prioritaire le marché européen, et notamment britannique. En faisant équipe avec Vestas, il gagne du temps dans ses développements et son implantation en Europe.