Tour d’Europe de l’éolien offshore : la France en retard

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Les candidatures pour le premier appel d’offres éolien offshore en France ont été déposées aujourd’hui : dix dossiers remis par quatre grands consortiums, trois si on tient compte des seuls investisseurs, pour une première tranche de 3 GW. Ce tant attendu appel d’offres doit permettre à l’Hexagone de démarrer une filière dans laquelle le pays accuse un sérieux retard par rapport à ses voisins selon les derniers chiffres publiés par l’Association européenne de l’énergie éolienne (EWEA).

Selon l’EWEA, fin juin 2011, 18 pays (*) travaillaient sur le développement de leurs installations offshore pour 2020. La somme des projets déjà installés, en construction, autorisés et planifiés s’élève à 140,9 GW, ce qui représente, selon nos estimations, entre 422 et 494 milliards d’euros d’investissement (3 à 4 millions d’euros d’investissement par MW).

Le grand champion de l’éolien offshore, selon l’EWEA est, de loin, le Royaume-Uni, qui compte pour 45 % de la capacité installée en Europe avec 1,5 GW. Le pays vise, à terme, une capacité installée de 42 GW. Il est suivi par l’Allemagne qui annonce, à terme, 31,2 GW.

L’éolien offshore en Europe
Pays Capacité installée
En construction / autorisés Planifiés
1 Royaume-Uni 1,5 GW 4,9 GW 42 GW
2 Allemagne 195 MW 9,5 GW 21,5 GW
3 Norvège 2 MW 350 MW 11 GW
4 Suède 164 MW 991 MW 7,1 GW
5 Espagne 0 0 6,8 GW
6 France 0 0 6 GW
7 Pays-Bas 247 MW 1,8 GW 3,9 GW
8 Belgique 195 MW 1,2 GW 450 MW

Source : Wind in our sails, The coming of Europe’s offshore wind energy industry, EWEA, publié en novembre 2011.

* Allemagne, Belgique, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, France, Grèce, Irlande, Italie, Lettonie, Malte, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Portugal, Royaume-Uni et Suède.

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1 COMMENT

  1. L’HOMME SEDENTAIRE sur MER. Ivan Causse1 Ingénieur – 22 mars 2012-

    Enfin le début de l’énergie éolienne offshore en France !…L’appel d’offre (A.O.) de juillet 2011 prévoit la sélection des entrepreneurs chargés de réaliser les 5 parcs en avril. L’administration finit de reformer la gestion du littoral, suite au Grenelle de la mer, mais ce n’est pas encore « le guichet unique ».Le secteur privé s’est mis en ordre de marche et l’on ne compte plus les Pôles, Technopoles,…Clusters, Consortia, Instituts d’excellence, IEED –
    -La 1eretranche ne concerne que l’énergie éolienne avec exploitation extensive et coloniale des ressources brutes sans aucune valorisation locale. La 2etranche de l’A.O. (3000 MW aussi) doit modifier le cahier des charges et on devrait y privilégier une vision innovante.
    – L’énergie en un point donné, en mer, est un mix : vents, houle, courants, solaire, thermodynamique. L’histoire montre qu’elle a toujours accompagné l’évolution de l’homme et ses ruptures : par ex. la vapeur, le charbon .Plus récemment la houille blanche a d’abord fixé les populations montagnardes, puis crée des usines électrochimiques et électrométallurgiques (Savoie, Tarentaise et Maurienne), le tourisme d’été et enfin le tourisme d’hiver (1945) en s’appropriant la haute montagne. Mais déjà les Plateformes multi-énergies en mer, apparaissent : projet H2Ocean en catalogne, San Diego usa, Malte … Les concepts sont : sobriété, autonomie et stockage de l’énergie, smartgrid, implantation locale de gros consommateurs d’énergie,(data center, froid industriel,…),création systématique d’une valeur ajoutée locale, approche avec mesure d’une économie de pénurie.
    – L’évolution de l’homme en mer sous la pression démographique littorale, doit être pensée au delà du nomadisme et de la cueillette. Des projets (souvent vues d’artistes) présentent des iles artificielles, des navires gigantesques. L’architecte marin, académicien ROUGERIE2 évoque une université de 7000 personnes en 2050 mais aussi des villages de la mer de 50/100 personnes pour des séjours de 3/6 mois. L’industrie pétrolière exploite en mer du nord, depuis 40 ans, des plateformes de vie pour plusieurs centaines de célibataires et séjours de 15/28 jours. Le parc éolien Danois, Horns Rev 2, à 30 km en mer du nord, possède une plateforme d’habitation pour 24 personnes et un poste de transformation électrique. Mais déjà l’axe maritime, Baltique, Mer du nord, Mer celtique est traversé d’éléments du futur grand réseau de transport électrique : Supergrid.
    – Le premier site habité permanent rassemblerait une collectivité diversifiée (un village triangulaire de 800m) pour200/400 personnes résidentes permanentes à une distance de 7/14 km de la cote. Cela correspond à chacun des 5 parcs choisis dans l’A.O. mais aussi à l’ouest Cotentin, du Raz Blanchard au Passage de la Déroute, hors de l’horizon du mont St Michel. Comme tous nos villages ruraux, les liaisons vicinales sont primordiales .Au delà des navettes maritimes, à hydrogène bien sur, et hélicoptères, le télécabine mixte à conteneurs spécialises pour le fret (2,5 tonnes sous crochet permettant, par ex. Le transport du poisson depuis le bateau en mer jusqu’aux marchés nationaux, sans rupture de froid ni de charge)
    – Comment ne pas intégrer la sédentarité sur mer, dans les études fondatrices en cours : NACRE, Navire du Futur, réorganisation portuaire, Port du Futur, nouvelle flottille de pèche, audit des écoles Hydro et création de l’Ecole Nationale Supérieure Maritime…comment ne pas intégrer au nouvel enseignement maritime, une pédagogie de l’objet réel (O.R.) au delà du monde artificiel littoral des aquariums, des parcs de jeux et à thèmes, d’une muséification générale. La pédagogie de l’O.R. dés les classes en mer, jusqu’aux écoles d’ingénieurs mais aussi, en associant le grand public des le chantier, comme prévu dans le grenelle de la mer.
    -Technologiquement, le pylône éolien naval innovant (P.E.N.I.), au lieu d’être le repoussoir des esthètes de la mer, constitue par sa robustesse la colonne vertébrale des sites en mer. Il sert de support au télécabine associé a la plateforme piétonnière et chemin des câbles de la liaison terre-mer mais aussi d’ancrage et d’accès pour les hydroliennes et autres objets sous-marins. Aucun câble ni tuyau sur le sol marin, ni sur l’estran et protection du benthos-L’accord franco-britannique du 17.fev.2012 offre une opportunité rare : les hydroliennes dans le raz Blanchard et l’ile d’Aurigny ainsi qu’une liaison électrique de 1800 MW vers l’Angleterre. La liaison de 16 km (dont 50 % en France) comprendrait avec des portées de 800 m, 19 P.E.N.I.de 6 MW (soit 114 MW sans compter les hydroliennes et le câble standard de 1800MW)-
    Conclusion
    -Au-delà du trait de cote et de l’estran, il y a une rupture entre la civilisation des nomades de la mer, aux objectifs réactionnaires de défense de l’acquis, et les nouveaux sédentaires Merriens2 .La nouvelle génération Y (18-30 ans) est prête à TRAVAILLER ET VIVRE SUR MER3 et à S’Y REPRODUIRE4. Une écologie de l’admiration contre une écologie vintage de l’accusation. Plaisir de vivre ensemble sur une nouvelle frontière.
    -En avril prochain, la sélection des entrepreneurs du 1er A.O. éolien offshore et surtout la définition du 2e A.O.représente une lourde responsabilité pour la C.R.E. et les trois ministres compétents. Le citoyen se souviendra de leurs noms et surtout de leur perspicacité –

    – 1-Google, lemonde.fr Ivan Causse offshore 11 mai 2009 – 2 -Jacques ROUGERIE Centre d’architecture de la mer – 3 – Google lemonde.fr Ivan Causse offshore 18 mai 2010 – 4 -Françoise HERITIER anthropologue, ethnologue –

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