
Des règles inédites, mais laxistes. Pour cause, 80 pays pourraient bénéficier du label « fabriqué en Europe » dans le cadre des nouvelles règles de protectionnisme industriel de l’Union européenne, a rapporté mardi 12 mai à la presse l’eurodéputé français Christophe Grudler, de passage à Paris.
La Commission européenne a présenté début mars l’Industrial accelerator act. Cette proposition de loi intègre une dose de protectionnisme européen dans les marchés publics consacré à la mobilité, l’aluminium, l’acier, la chimie, les batteries, l’éolien, les électrolyseurs, les pompes à chaleur, le photovoltaïque et le nucléaire. Bruxelles considère comme « fabriqué en Europe » tout produit effectivement produit sur le vieux continent, y compris ceux hors de l’UE, mais aussi dans tous les pays partenaires via un accord de libre-échange. Un ensemble qui regroupe, au final, 80 pays, selon une liste composée par la Commission européenne, indique Christophe Grudler, négociateur en chef du texte pour le Parlement européen. Une liste qu’il n’a cependant pas vu, confie-t-il. Dit autrement, « 66 % du produit intérieur brut mondial est ‘européen’ avec cette définition », commentait Pierre Jérémie, directeur des investissements chez Hy24, sur X, au moment de la présentation du texte.
Christophe Grudler veut resserrer le périmètre
Certains pays seront finalement écartés pour des questions de cybersécurité ou de non-réciprocité dans les marchés publics, comme la Chine, la Russie ou l’Iran, parmi les grandes économies mondiales. Mais qu’en est-il des Etats-Unis ou des pays du Mercosur avec qui l’UE est en train de finaliser un accord de libre-échange historique ? « SI les Etats-Unis, par exemple, sont convié autour de la table, je ne suis pas sûr qu’Ursula von der Leyen [présidente de la Commission européenne] ait vraiment le courage de leur dire de se lever », commente Christophe Grudler, pour qui la situation doit être clarifiée. L’élu souhaite ainsi resserrer le périmètre avant de potentiellement l’élargir selon des critères encore à définir. « D’abord les 27 Etats de l’UE, puis petit à petit » en commençant par les pays de l’Espace économique européenne (Norvège, Islande, Lichtenstein), puis les autres Etats d’Europe comme la Suisse et le Royaume-Uni, avant d’envisager d’étendre le périmètre en dehors du continent, aux Etats-unis par exemple, développe Christophe Grudler.
Le travail ne fait que commencer pour le belfortain et ses collègues européens. Les eurodéputés de la commission Energie et Industrie, saisie sur le fonds, devraient s’accorder sur une première mouture à la rentrée. Christophe Grudler a bon espoir que le texte final, négocié entre la Commission européenne, le Parlement européen et les Etats membres, soit adopté au début de l’année prochaine. [/restrict-content]

