Les lauréates du Prix des femmes de la transition énergétique 2026

Six lauréates et 14 nominées : c’est le palmarès de la 9e édition du Prix des femmes de la transition énergétique, organisé par GreenUnivers et Andera Partners. Elles ont été choisies par le jury parmi 143 dossiers déposés via un appel à candidatures ou proposés par des membres du jury. Et sélectionnées sur la base de l’impact de leurs actions en 2025 pour la transition énergétique.

SECTEUR PRIVE

Catherine MacGregor veut incarner la transition

Une année 2025 riche pour Catherine MacGregor. Interrogée sur ses accomplissements, l’ingénieure retient de cette année le travail mené en Belgique autour du maintien en activité d’une partie du parc nucléaire. A son palmarès aussi, le passage du cap des 50 GW de capacités renouvelables électriques installées pour Engie, ou encore le développement des projets dans les batteries. Sans oublier l’atteinte de l’objectif d’injecter 14,5 TWh de biométhane dans les réseaux français, « en phase avec notre conviction que l’alliance de l’électron et de la molécule doit être au cœur d’une transition énergétique réussie », conclut la nouvelle vice-présidente de la fédération européenne des électriciens, Eurelectric, élue en 2025. Sous son impulsion, Engie s’est mué en défenseur des énergies renouvelables. Sa directrice générale les défend haut et fort depuis des années. Encore lors de la dernière Université d’été du Medef ou via un documentaire brisant les fake news sur les EnR, produit par Engie et diffusé avant Noël sur TF1.

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Catherine MacGregor est une femme du sérail. « J’ai mené toute ma carrière dans le secteur de l’énergie », explique-t-elle. A peine sortie de ses études, cette centralienne née au Maroc s’est embarquée pour le Congo, pour travailler quelques années sur une plateforme pétrolière. « Ce n’était pas un choix évident pour une jeune femme de 23 ans tout juste diplômée », dit-elle. « J’en ai gardé le goût de l’opérationnel et une capacité à m’adapter à des situations différentes », confie celle qui restera 23 ans chez Schlumberger (aujourd’hui SLB), gravissant les échelons jusqu’à prendre la direction des opérations de forage du groupe. 

Elle s’embarquera ensuite pour quelques années chez TechnipFMC où elle dirige de 2019 à 2020 l’entité Technip Energie, préparant l’introduction en bourse. Elle est depuis janvier 2021 à la tête d’Engie, réélue pratiquement à l’unanimité des voix l’année dernière pour un second mandat. Preuve s’il en est de la confiance des administrateurs et des actionnaires en sa stratégie ambitieuse d’un point de vue économique, climatique et énergétique.

Paul Messad

 

Les nominées


 

Karine Bauler

Renewable Energy & Decarbonization Director

Dentressangle

Christelle Rouillé

Directrice Générale

Hynamics

Cécile Cantrelle

Présidente

Voltec Solar

Delphine Poirson

Directrice France

Etherr.a

SECTEUR PUBLIC

Elsa Merckel : la technique au service de la société

Evaluation du coût du soutien aux EnR, instruction des appels d’offres, gestion des prix négatifs… A la Commission de régulation de l’énergie (CRE), Elsa Merckel dirige et coordonne depuis quatre ans les travaux du régulateur sur ces sujets. De plus en plus essentiels à l’équilibre du système électrique, ils ont pris de surcroît un poids politique. Forte de nombreux stages et expériences dans le privé et le public, Elsa Merckel chapeaute aujourd’hui une équipe de douze personnes aux profils variés, s’occupant d’électricité et de gaz.

« J’ai toujours été attirée par les sciences mais aussi par les affaires publiques », affirme cette ingénieure de formation passée ensuite par SciencesPo, avant de travailler notamment chez RTE et Alpiq. Chez le gestionnaire de réseau, elle s’est occupée de l’économie du système électrique. Elle a ensuite été chargée du développement de la naissante activité dans les PPA au sein du groupe suisse.

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Cherchant à retourner dans le secteur public et y appliquer la « rigueur intellectuelle » apprise pendant ses études et expériences, Elsa Merckel trouve à la CRE le croisement de ses principaux intérêts. Elle peut toucher d’un côté à la technique mais aussi aux sujets de société. « C’est motivant et intéressant d’avoir des échanges avec tant d’acteurs, les pouvoirs publics comme la DGEC, l’Ademe ou Bercy, mais aussi des financeurs, des industriels, des développeurs… Nous avons des discussions très constructives », souligne Elsa Merckel.

Son travail combine « une partie conceptuelle, d’aide à la décision, mais aussi un rôle opérationnel que j’apprécie ; nous avons de l’impact et une position stabilisatrice, dans un contexte mouvant », ajoute-t-elle. Des compétences précieuses dans un monde chahuté.

Jacopo Landi

 

 

Les nominées


 

Chloé Latour

Directrice stratégie et régulation

RTE

Marianne Laigneau

Présidente du Directoire

Enedis

ASSOCIATIONS

Delphine Eyraud-Galant, orchestratrice électro-numérique

Le sens du collectif, Delphine Eyraud-Galant n’en manque pas. « J’ai la chance d’être entourée d’experts », insiste celle qui, à 54 ans, se présente comme « un pur produit du Gimelec » : elle a fait jusqu’ici toute sa carrière au sein de l’association fédérant les entreprises de l’électricité et du numérique. En 2025, elle a vu se concrétiser ses efforts de mobilisation autour du pilotage des bâtiments tertiaires.

Son leitmotiv ? Que la technologie aide les bâtiments à réussir leur transition énergétique. « Ce qui est génial, c’est qu’avec la technologie – en particulier le pilotage – on cumule les possibilités : électrification, consommation quand les kilowattheures sont abondants et bon marché, intégration des renouvelables, de l’autoconsommation et du stockage », se passionne-t-elle. Pour autant, rien ne se fait seul. « C’est un enjeu de filière. Ce que nous construisons ensemble profite à chacun. » Depuis les gestionnaires de réseau jusqu’aux agrégateurs et opérateurs de flexibilité, en passant par les acteurs de l’immobilier, « tout le monde doit apprendre à se connaître. »

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Delphine Eyraud-Galan est double diplômée en sciences économiques et en relations diplomatiques internationales, « comme quoi on peut appréhender la technologie sans avoir baigné dedans. » Hors du Gimelec, elle utilise son sens du tempo pour sa passion du chant. Au sein de l’association, elle a d’abord travaillé sur la conjoncture économique, puis à la mise en musique du système de responsabilité élargie des producteurs. Autrement dit, de collecte et traitement des déchets d’équipements électriques et électroniques, ce qui supposait déjà de réunir toute la filière.

Elle s’est ensuite tournée vers les bâtiments en animant la création du standard « flexready » qui simplifie le déploiement de la flexibilité, et de l’observatoire national mesurant le taux  d’équipement. Elle n’en démord pas : c’est un sujet collectif et « il n’y a d’ailleurs pas que le pilotage », prend-elle soin de préciser. Il y a aussi la distribution d’électricité stricto sensu dans les bâtiments. Son rôle, là encore, est « d’animer la filière des tableautiers. »

Thomas Blosseville

 

 

Les nominées


 

Sandra Hahn Duraffourg

Présidente

Infravenir

Celia Agostini

Directrice

Cleantech for France

FINANCEMENT

Elodie Geffray démarre sur les chapeaux de roues

Elle ne s’attendait pas à ce que ça marche aussi bien aussi vite. Elodie Geffray a créé son cabinet d’intermédiation financière en énergies renouvelables en 2024, avec son associé Olivier Boulay, un ex-Akuo. Elle-même avait passé cinq années chez Envinergy mais voulait voler de ses propres ailes. Le décollage est réussi : Alaïa Advisory a bouclé une série de transactions en 2025, dont une pour le développeur éolien et solaire TTR comprenant la levée d’une dette de 600 M€. Ce qui propulse le cabinet dans la cour des Finergreen, Monte Cristo, Tevali et de son ancien employeur

Cela dit, Elodie Geffray assure ne pas avoir la folie des grandeurs : si son cabinet est vite passé de deux à neuf personnes, il devrait en rester là : « nous faisons du sur-mesure. Mon associé et moi tenons à être sur toutes les opérations ». Elle aime voir les dossiers aboutir sans tarder, ce qui explique qu’elle ne soit pas restée chez un développeur éolien. Mais pas question pour autant pour cette fille et sœur de femmes psychologues de négliger l’écoute de ses clients.

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Surtout, elle ne veut pas s’ennuyer. Cette ingénieure des Mines emploie même son imagination à écrire des livres, tel ce thriller intitulé « Et le silence sera ta peine » publié en 2016 chez Belfond. « Je crois que ce goût pour les romans, les rebondissements, les personnages complexes… s’allie bien au métier que je fais », compare-t-elle en expliquant que lors d’une opération financière, « ce n’est presque jamais le scénario le plus probable qui se réalise. Tant que les contrats finaux ne sont pas signés, on ne sait pas si cela finit bien ou se termine mal. ».

Au-delà du suspense, l’intérêt du job passe par sa variété : en deux ans, Alaïa Advisory a bouclé une opération dans le biogaz, une autre en financement corporate pour Opale Energies naturelles et en ce moment, prépare des ventes de centrales en Italie. Le parcours professionnel d’Elodie Geffray illustre cette curiosité d’esprit : elle a été la troisième salariée lorsque s’est lancée la coopérative Enercoop il y a vingt ans, est partie neuf années en Hongrie avec le fonds Novenergia, a rejoint l’allemand WKN devenu PNE pour vendre des parcs éoliens en France. Elle y a laissé de bons souvenirs puisque ses anciens employeurs lui confient aujourd’hui des affaires.

Jean-Philippe Pié

 

Les nominées


 

Imen Marrak

Founder & CFO

Eclipse

Anne-Sophie Bailbled

Directrice Transition Environnementale

Arkéa Banque Entreprises & Institutionnels

Elisabeth Moreno

Présidente du CA

Ring Capital

INNOVATION

Céline Stein fait rimer diversité et créativité

Trouver les bonnes idées, mettre les moyens pour les concrétiser. Et avant tout, miser sur la différence. « La diversité sous toutes ces formes ne peut qu’être bénéfique à la société en général et à l’entreprise en particulier. Ce qui implique de ne pas recruter des alter ego mais des personnes qui sont d’un genre ou d’un background différent et qui ont des modes de pensée différents », indique la directrice générale d’Octopus Energy France. Elle a pris les rênes en 2022, année de rachat par l’énergéticien britannique de Plüm énergie où elle évoluait depuis quelque temps, après avoir exercé chez Siemens et avant cela, chez Neoen.

Cette ingénieure diplômée de Centrale Supélec et Princeton, par ailleurs ex-militante de Greenpeace compte sur la diversité des parcours au sein d’Octopus Energy France pour faire bouillonner les idées. En ce moment, cette créativité est requise chez l’équipe dédiée à la flexibilité des réseaux, d’ailleurs constituée à parité.

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La méthode ? « Il faut aller vite et tester », quitte à se tromper, conseille-t-elle. « L’ADN » d’Octopus Energy comporte peu de process pour favoriser l’agilité. Il a donné lieu à plusieurs innovations l’an dernier. Un nouveau « fan club » a été mis sur pied pour que les foyers vivant à proximité d’une éolienne d’Octopus obtiennent un tarif d’électricité moins cher, en améliorant au passage l’acceptabilité du projet. Cette déclinaison d’un concept né chez Octopus outre-Manche s’est nourrie des idées de la branche française. De même, la société a lancé ses premières « maisons sans facture » dans l’Hexagone – un programme de facture à zéro euro pour des maisons équipées de panneaux solaires, de batteries et de pompes à chaleur. Autre concept, ce forfait fixe destiné aux propriétaires de voitures électriques, pour une recharge illimitée. Et dernière initiative en 2025, le pilotage intelligent de ballons d’eau chaude pour réduire la consommation d’énergie.

Natasha Laporte

 

 

Les nominées


 

Noémie Bercoff

Directrice générale

Urbanloop

Alice Vieillefosse

Managing Director

GravitHy

Eloa Guillotin

Co-Founder & CEO

Beyond Aero

COUP DE COEUR DU JURY

Laura Icart, la journaliste pédagogue

Le développement des renouvelables va coûter 300 Mds€, les factures d’électricité ont doublé depuis dix ans… Autant de fake news qui ont gangréné les débats sur l’énergie ces derniers mois. « Dans un monde où la science et les faits sont remis en question, il faut défendre un travail journalistique rigoureux », estime la présidente de l’Association des journalistes de l’énergie (AJDE). Et pour aider à la bonne compréhension d’un secteur énergétique complexe et souvent instrumentalisé, elle veut « faire monter en compétences les adhérents pour les aider à mieux décrypter les enjeux ». 

L’énergie, cette fille d’enseignants désireuse de devenir journaliste depuis son enfance, y est arrivée un peu par hasard : après un double cursus en science politique et agroéconomie, elle intègre en 2014 la rédaction du média Gaz d’aujourd’hui dont elle est depuis devenue rédactrice en chef. Très vite, elle rejoint l’AJDE pour renforcer ses connaissances et étendre son réseau, un atout clé pour tout journaliste. « A l’époque, l’association comptait une vingtaine de membres de la presse professionnelle ».

Devenue vice-présidente puis présidente fin 2024, elle a contribué à élargir et diversifier les adhérents. « Nous en avons aujourd’hui plus de 60, des journaux techniques aux médias grand public en passant par les quotidiens nationaux et les grandes radios. Certains suivent les fossiles, d’autres les renouvelables ou le nucléaire, d’autres encore sont multi-énergies. Ce brassage est une vraie richesse et permet aux plus généralistes d’apprendre des spécialistes ». 

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Avec les trois autres membres du bureau, la présidente au désormais riche carnet d’adresses concocte un programme intensif de deux rendez-vous par mois, en moyenne : webinaires, rencontres avec des experts, des dirigeants d’entreprises ou d’institutions, des leaders politiques, entretiens en « off »… Signe de sa montée en puissance, la soirée annuelle de l’association en juillet est prisée des responsables de communication et affaires publiques en lien avec l’énergie. Toutes ces activités sont financées par les cotisations des journalistes et de membres bienfaiteurs comme des associations professionnelles ou entreprises « qui participent à soutenir un journalisme de qualité, sans contreparties », insiste Laura Icart. 

Si l’association est parisienne, cette Ariégeoise attachée à ses racines tient au terrain : après un premier voyage de deux jours pour visiter des sites et rencontrer des acteurs locaux en Auvergne Rhône-Alpes en 2024, elle prévoit un deuxième déplacement fin 2026. Les prochains mois seront aussi bien sûr placés sous le signe de l’actualité politique avec un cycle de rencontres pré-présidentielle. « L’énergie sera l’un des enjeux de la campagne, nous nous y préparons », se réjouit-elle.

 

LES MEMBRES DU JURY


 

Monique Agier (Caisse des Dépôts),
Guy Auger (Andera Partners),
Jens Bicking (Elatos),
Philippe Boucly (France Hydrogène),
Pascale Courcelle (Bpifrance),
Hélène Gelas (Jeantet),
Michel Gioria (SERCE),
Patricia Laurent (GreenUnivers),
Jules Nyssen (SER),
David Marchal (Ademe),
Sylvie Perrin (De Gaulle Fleurance) et
Anne-Catherine de Tourtier (France Renouvelables)

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