Les échos de Time to Change [1ere journée]

(c) – Jacopo Landi

Une sélection d’informations sur les investisseurs et entrepreneurs de la transition énergétique et écologique collectées lors de la première journée du Forum Time to Change 4e édition. Il est organisé par l’Association française des investisseurs institutionnels (Af2i), GreenUnivers et Option Finance les 25 & 26 mars 2025 à Deauville (Calvados).

  • André Corrêa do Lago, président de la Cop 30 qui aura lieu à Belém (Brésil) en novembre, a rencontré Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition écologique, à la veille du Forum Time to Change à Deauville. Une bilatérale organisée juste avant le Dialogue de Petersberg sur le Climat qui réunit à Berlin une trentaine de ministres des pays les plus engagés dans les négociations climatiques dans la perspective de la Cop 30. Découvrir l’entretien vidéo réalisé avec le président de la COP 30 et la ministre française.
  • Malgré le retrait des Etats-Unis de l’Accord de Paris, le président de la COP 30 veut rester ambitieux. Mais il estime qu’il faut insister sur les solutions et opportunités et « mieux expliquer les actions concrètes qui découlent » de ces grandes réunions et que les citoyens ne perçoivent pas toujours
  • « Je ne crois pas à un système énergétique tout électrique, certains besoins ne peuvent être couverts par les électrons », a déclaré Isabelle Kocher, fondatrice du cabinet de conseil Blunomy. La bonne nouvelle est que pour nombre de carburants et combustibles liquides ou gazeux issus de la biomasse, le seuil de la création de valeur est franchi. « Une grappe de solutions décentralisées et sophistiquées, bien au-delà du prototype » est disponible, assure l’ancienne directrice générale d’Engie…

  • … « La question de l’investissement dans les réseaux énergétiques est un mur, celui dont les politiques n’avaient pas pris conscience. Ce mur est colossal, partout dans le monde », s’inquiète Isabelle Kocher. Elle est cependant convaincue que la nouvelle complexité, due entre autres à la granularité extrême des points d’injection, va stimuler la créativité et créer de la valeur.

  • La cible de 2 Mds€ levés pour le fonds stratégique pour les métaux critiques géré par Infravia « est toujours l’objectif », assure Sylvain Eckert, associé au sein de la stratégie « métaux critiques » de la société de gestion. Infravia a réalisé un premier bouclage pour ce véhicule, que l’Etat s’est engagé à alimenter avec 500 M€, mais il en tait le montant. Il était prévu à 1 Md€ lors du lancement du fonds. Des premiers investissements sont à l’étude et devraient être déclenchés cette année, indique Sylvain Eckert. « Nous continuons à recevoir des lettres de souscription », affirme-t-il. Les projets soutenus pourront être partout dans le monde pourvu qu’ils bénéficient à l’industrie européenne.

  • Eurazeo s’intéresse de plus en plus à l’approvisionnement en eau. « Les PFAS* sont le nouvel amiante », déclare Sophie Flak, en charge de la politique ESG de l’investisseur. Elle encourage les actionnaires professionnels à se demander si leurs entreprises génèrent ce type de nuisance : « si oui, ils risquent de se retrouver avec des actifs échoués ». 

  • Palatine Asset Management (Groupe BPCE) n’exclut pas d’orienter son fonds article 9 SFDR « Palatine Europe sustainable development » vers les industries de la défense y compris des fabricants d’armement. « L’ESG relève de la philosophie des Lumières, elle est menacée, il faut savoir la défendre », justifie Marc Serafini, responsable des relations avec les institutionnels. Ce fonds de 350 M€ investi dans 40 entreprises cotées en Bourse est orienté par les critères sociaux – le S de ESG – et notamment les efforts de formation, de création d’emploi en Europe, de santé au travail. Il a été créé en 2008 sous le nom Palatine Export et a adopté son profil ESG social en 2021.

  • Après son fonds forêts, pour lequel elle vise un premier bouclage à 30 M€ d’ici la fin de l’été, la société de gestion TimetoAct Capital, créée il y a deux ans par le fondateur de Finergreen, Damien Ricordeau, a lancé son fonds « TTA ClimateTech Europe ». En ligne de mire, pour ce fonds dévolu à la clean tech et d’une taille cible de 150 M€, et pour lequel TimetoAct Capital cherche à obtenir le label Tibi, un premier closing espéré en 2026, confie Frédéric Payet, le PDG. Les secteurs auxquels ce fonds va s’intéresser ? Des sociétés telles que Resource Recovery, un spécialiste du recyclage de pneus par pyrolyse, dans laquelle TimetoAct a investi en avril dernier.

*Molécules stables considérées comme des polluants chimiques éternels

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