Les 5 succès de la transition énergétique en 2024

Les filières de la transition énergétique ont été très animées en 2024 ! Comme chaque année, la rédaction de GreenUnivers a sélectionné l'entreprise, l'investisseur, l'infrastructure, l'action et la personnalité qui, à ses yeux, ont, le plus marqué l'année. 

L’entreprise : Valorem conjugue puissance et indépendance

Source : Valorem

Toujours dynamique malgré des vents contraires ! Valorem a réussi en 2024 à boucler une augmentation de capital non dilutive de 200 M€, à offrir une sortie à 309 M€ à son principal actionnaire minoritaire, le fonds britannique 3i entré en 2016, et à renforcer une indépendance initiée il y a trente ans par le fondateur Jean-Yves Grandidier. Le tout dans un contexte politique perturbé par la dissolution de l’Assemblée nationale et le risque de voir un parti hostile à l’éolien accéder au pouvoir. Les nerfs de l’équipe de direction ont été mis à rude épreuve. Pour preuve, l’arrivée au capital du fonds de pension danois AIP Management et du groupe Crédit Agricole, pratiquement assurée en juin, a dû être repoussée à septembre. L’assureur Swiss Life avait pour sa part jeté l’éponge au printemps. L’entreprise girondine volontiers innovante peut continuer son parcours dans l’électricité renouvelable en Europe et prospecter de nouveaux marchés comme l’éolien en mer.

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L’infrastructure : une batterie de grande ampleur pour Q Energy et GazelEnergie

(c) – Nicolas Dohr

Mise en service cette année, la batterie développée par Q Energy et GazelEnergie sur le site de la centrale à charbon de Saint-Avold en Moselle témoigne de l’essor des systèmes de stockage de grande taille en France, poussé par les évolutions du système électrique. De nombreux acteurs se sont positionnés en déposant des demandes de raccordement auprès des gestionnaires de réseau, alors que le secteur était jusque là l’apanage de quelques pionniers. Outre le projet de Saint-Avold, dont la première phase s’établit à 35 MW/44 MWh, plusieurs autres gros projets dépassant les 100 MW sont désormais en construction dans l’Hexagone, devenu le troisième marché européen.

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Le financeur : Mirova joue vite, gros et sur une large gamme

Source : Mirova

Arkolia, RP Global, l’irlandais de la gestion de l’énergie Grid Beyond, les stations de recharge électrique australiennes Jet Charge, le spécialiste des économies d’énergie Sofiac… : le tableau de chasse de l’investisseur Mirova s’est étoffé en 2024. Avec à chaque fois d’importantes mises en provenance du nouveau véhicule Met6, lui-même encore en cours de collecte vers 2 Mds€. Animé par l’équipe de Raphaël Lance, le pôle de transition énergétique de la filiale de Natixis Investment Managers (groupe BPCE) joue sur une large palette de spécialités et géographies, de l’Europe aux antipodes et de la production aux usages intelligents. Comme le montre son entrée chez le canadien Sofiac, un tiers investisseur à l’offensive en Europe dans les travaux d’efficacité énergétique industrielle, Mirova apprécie les positionnements créatifs et les prises de risque, ce qui témoigne de l’expérience et de la confiance acquise au fil des ans.

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L’action : l’éolien flottant français prend ses marques

Source : Ideol

Avec trois parcs de 250 MW attribués, non sans difficultés et dont deux in extremis à la fin de l’année, et une planification maritime qui lui donne de belles perspectives, l’éolien flottant s’est imposé sur le devant de la scène en 2024. Les défis technologiques ne sont pas des moindres et demandent encore du travail pour rassurer les investisseurs. Mais la nouvelle filière suscite désormais l’intérêt de nombreux poids lourds du secteur ainsi que de nouveaux protagonistes. En cherchant à faire émerger une industrie innovante, la France envoie de premiers signaux économiques au monde entier et fait un pari audacieux.

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La personnalité : Emmanuelle Wargon, une voix qui porte

Source : CRE

Tout au long de l’année, la Commission de régulation de l’énergie (CRE) a pris position dans les multiples débats sur l’énergie. A sa tête, Emmanuelle Wargon a réussi à faire entendre la voix du régulateur dans un contexte politique incertain. Sa nomination laborieuse en 2022 – avec un vote à l’époque défavorable, quoique non disqualifiant, du Parlement – paraît désormais bien loin. L’ancienne ministre déléguée au Logement a démontré sa maîtrise des dossiers. Soutien aux renouvelables, infrastructures hydrogène, prix négatifs de l’électricité… Cette diplômée de HEC a piloté le collège des commissaires au cœur des dossiers liés à la transformation structurelle du système énergétique.

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