Solaire : Cetih modifie son capital, attend toujours un soutien public

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Usine Systovi à Nantes (c) Romain Chicheportiche

La petite musique du « Fabriqué en France » commencerait à être entendue à en croire François Guérin PDG de Cetih, actionnaire du fabricant de panneaux solaires Systovi. L’entreprise nantaise se dote actuellement d’une nouvelle ligne de production pour répondre à une demande grandissante, portée notamment par l’autoconsommation, un segment de marché plus accessible aux produits hexagonaux. Mais le financement de son projet Belenos, qui prévoit 1 GW de capacité de production en 2025, n’est pas encore bouclé, l’engagement de la banque publique d’investissement se faisant encore attendre.  

Commercialisation au printemps

Les difficultés d’approvisionnements en panneaux photovoltaïques ont-ils poussé les développeurs à se retourner vers la production française ? « Il y a une petite musique qui commence à être entendue, particulièrement sur les projets ...

intermédiaires et sur toitures », indique François Guérin. Ce dernier a constaté un doublement des commandes sur les quatre derniers mois. « Nous proposons un service de proximité, des avis techniques et une haute qualité de produits. Nos panneaux sont les seuls à détenir une garantie décennale de SMA BTP, le principal assureur dans la construction », ajoute-t-il. Le marché florissant de l’autoconsommation solaire et les prix élevés de l’électricité confortent le chef d’entreprise dans sa volonté de faire croître rapidement son outil industriel.

Systovi a investi dans une nouvelle ligne de production compatible avec des plaquettes de silicium M6, M10 et M12 dont la mise en service est prévue au début de l’année prochaine, pour une capacité totale d’une centaine de MW. L’entreprise a aussi subi les contraintes internationales en matière de transport maritime, décalant le chantier de 2 mois. La commercialisation de ses nouveaux panneaux de 400 Watts est annoncée pour le printemps. Mais le fabricant nantais vise une capacité bien supérieure à moyen terme grâce au projet Belenos mené en partenariat avec Voltec Solar. « La réglementation évolue dans le bon sens, mais nous attendons encore des confirmations sur le guichet ouvert », poursuit François Guérin. Les critères carbone des appels d’offres PPE2 ont en effet été fixés dans les cahiers des charges publiés début août, le décret sur le guichet ouvert est attendu dans les prochains jours a affirmé hier Sophie Mourlon, directrice de l’énergie à la DGEC.

Si le chef d’entreprise se montre confiant sur l’évolution de la réglementation, le financement reste le point dur. Le fabricant n’a toujours pas reçu de garantie concrète de Bpifrance malgré l’engagement public du gouvernement à soutenir le projet. Un attentisme d’autant plus frustrant qu’outre-Rhin, Meyer Burger a commencé à vendre ses panneaux « made in Germany ». En France, le projet concurrent de REC Solar n’avance pas vite avec une décision d’investissement plusieurs fois retardée et désormais espérée pour la fin de l’année. « Il serait incompréhensible que l’Etat soutienne davantage le projet mené par REC que le nôtre », fait remarquer François Guérin.

Tikehau entre au capital

Fait marquant pour Cetih, maison-mère de Systovi : l’évolution en juillet dernier de manière significative de la structure de son capital pour assurer la transmission dans de bonnes conditions de l’entreprise. Le président Yann Rolland, qui possédait 50% du capital de Cetih, a transmis de façon irrévocable 40% de sa participation à un fonds de dotation philanthropique qui devient actionnaire à hauteur de 35%. Ce fonds sera piloté par Yann Rolland et sa famille et les dividendes perçus seront exclusivement destinés au mécénat et aux associations solidaires. Le capital est désormais réparti entre le fonds de dotation philanthropique (35%), un actionnariat salarié et direction renforcé (33%) et trois fonds d’investissement (32%) : Ouest Croissance, qui était déjà au capital, le fonds à impact Quadia et Tikehau Capital au travers de son fonds dédiés T2 Energy Transition qui a investi 40 M€.

« Cette gouvernance partagée avec une fondation actionnariale est assez unique. Le fonds philanthropique et les salariés contrôlent les deux tiers du capital et 83% des droits de vote au comité stratégique. Nous avons également profité de cette opportunité pour nous muer en entreprise à mission. La combinaison est très rare en France », explique le PDG de Cetih. Le comité stratégique regroupe le représentant des salariés actionnaires, un membre de chaque fonds et 4 dirigeants d’entreprise devant apporter des regards et expertises complémentaires

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