Quelles infrastructures pour décarboner les poids-lourds en Europe ?

Print Friendly, PDF & Email
© Vincentdesjardins, Flickr

L’Europe a un objectif : baisser de 15% d’ici 2025, puis 30% d’ici 2030, les émissions de CO2 des camions neufs mis sur les routes du continent. Telle est la cible fixée par un règlement entré en vigueur en 2019. Elle suppose de déployer un vaste réseau à la fois de bornes de recharge électrique, de stations hydrogène et de gaz carburant. A combien s’élève le nombre de stations nécessaires ? Dans une récente étude, à consulter ci-dessous, ...

l’association européenne des constructeurs de véhicules Acea l’a évalué. Et le défi est de taille. 

37 000 points de charge en 2025

Ainsi, pour approvisionner les camions à batteries, 17 000 points de charge électrique seraient nécessaires sur l’espace public d’ici 5 ans, alors qu’il n’en existe quasiment aucun aujourd’hui dans des configurations adaptées aux camions – ne serait-ce qu’en terme d’accessibilité, sans parler des quantités d’énergie et des puissance nécessaires. Dans le détail, il en faudrait 4 000 d’une capacité inférieure à 100 kW, 11 000 de 350 kW et 2 000 de plus de 500 kW. Et encore : ces chiffres ne valent que pour les stations publiques. En plus, quelque 20 000 points de charge seraient nécessaires dans les dépôts privés. Soit un total de 37 000 points en 2025, qui grimperait à 290 000 en 2030, sous réserve que les objectifs européens ne soient pas revus dans le cadre du green deal.

A la recharge électrique, l’Acea ajoute des stations à hydrogène : il en faudrait 50 en 2025, puis 500 en 2030, contre 16 actuellement. A une nuance près : l’infrastructure H2 déployée pour les voitures ne conviendrait pas aux camions, car la pression y est insuffisante pour répondre aux exigences des poids-lourds (700 bar ou hydrogène liquide). Enfin, l’Acea estime nécessaire de déployer une infrastructure pour le gaz carburant (GNC et GNL) d’au moins 1 150 stations en 2025 et 2 000 en 2030, contre 550 actuellement.

Encore faudra-t-il que des camions bas carbone soient vendus. Certes, des constructeurs développent des modèles de poids-lourds électriques ou à hydrogène, comme Daimler et Toyota. Mais l’an passé, la quasi-totalité (97,5%) des immatriculations de camions en Europe concernaient encore des modèles roulant au diesel.

  • Découvrez ci-dessous l’étude de l’Acea (ou ici en PDF)