Chaleur renouvelable : le guide de la Fedene pour relancer les travaux

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(c) SNEC

Le guide des préconisations sanitaires dans le secteur du BTP, publié en fin de semaine dernière, va faire des petits. Tous les acteurs économiques liés de près et de loin à ces activités vont sans doute devoir adapter ce document général à leurs problématiques spécifiques. C’est le cas de la Fédération des Services Energie Environnement (Fedene) qui regroupe six syndicats professionnels de l’efficacité énergétique et de la chaleur renouvelable. Son guide doit être finalisé cette semaine.

Un problème = une solution

La reprise des travaux dans le secteur de la chaleur renouvelable est attendu avec impatience par le président de la Fedene : « Les chantiers étaient déjà en retard en raison des élections municipales qui ne sont jamais propices aux travaux publics, et maintenant ils subissent la crise sanitaire. Or, il faut que nous soyons prêts pour la saison de chauffe », explique Pascal Roger. Ce dernier a examiné ...

avec intérêt le guide paru la semaine dernière : « c’est un document très pragmatique. Nous allons largement nous en inspirer pour élaborer dès cette semaine une version adaptée à nos activités ». Le document n’aura pas vocation à être gravé dans le marbre, au contraire : « il sera évolutif en fonction des remontées de terrain. Nous organisons des réunions deux fois par semaine pour voir ce qui peut coincer. Nous gardons une approche très pragmatique. A chaque problème, nous trouverons collectivement une solution », indique-t-il.

Pour l’heure, la principale problématique de Pascal Roger, ce sont les masques. « L’accès aux équipements de protection, notamment les masques, est très compliqué car il y a une hiérarchisation dans l’approvisionnement. Les personnels de santé passent en premier, c’est tout à fait logique. De fait, nous devons trouver des solutions de repli. Nous sommes en contact avec des acteurs de l’industrie textile », poursuit-il. Ce petit bout de tissu est devenu incontournable pour la reprise des chantiers. En effet, il est indispensable pour les opérations lors desquelles les techniciens ne peuvent respecter la distanciation minimale d’un mètre. Or, sur les chantiers de canalisations comme dans bien d’autres cas, elle ne peut pas être appliquée.

Dans les chaufferies, la situation est moins compliquée car les plus petites sont très automatisées, « télésurveillées et télécommandées » pour reprendre les termes du président de la Fedene, et les grandes opèrent avec un personnel relativement réduit. « Les salariés du secteur ont montré leur attachement au principe de délégation de service public en ne faisant pas valoir leur droit de retrait. Il faut dire que tout à été fait pour leur montrer que l’on prenait le sujet de la sécurité sanitaire au sérieux », affirme Pascal Roger. Les interventions dans les appartements ont fait l’objet de nombreuses précautions : « les habitants étaient prévenus. Ils avaient comme instruction d’ouvrir leur porte d’entrée avant l’arrivée du technicien, et d’appliquer les gestes barrières », explique-t-il.

Dialogue vertueux avec l’administration

Depuis le début de cette période troublée, les professionnels de la transition énergétique ne tarissent pas d’éloges sur l’administration française et le ministère de la Transition écologique et solidaire. Qu’il s’agisse d’énergies renouvelables électriques ou thermiques, les acteurs économiques s’accordent sur l’oreille attentive et la célérité dont font preuve les hauts fonctionnaires. Le secteur de la chaleur renouvelable s’était déjà félicité des conclusions du groupe de travail dédié à l’automne 2019, qui avait accouché de 25 mesures visant à redonner du souffle à un secteur qui pâtit de la concurrence forcenée des énergies fossiles dont les prix ont atteint un nouveau point bas la semaine dernière. Des mesures financières additionnelles pourraient être mises en place si les cours se maintenaient à ce niveau, mais l’essentiel semble désormais ailleurs.

Dans son communiqué de presse, Elisabeth Borne a indiqué avoir « à cœur de poursuivre les réflexions pour que la chaleur renouvelable soit un des vecteurs de la reprise économique de notre pays ». Une formulation à la fois volontaire et quelque peu mystérieuse qui réjouit Pascal Roger : « je l’interprète comme une réaffirmation de la volonté politique de substituer des importations d’énergies fossiles pour développer une filière locale créatrice de valeur et d’emplois ». Le signal que certaines digues, comme le classement des réseaux, auraient lâché ? Ce serait, à n’en pas douter, l’avènement d’un nouveau monde.