Total-Quadran s’allie à Next2Sun pour massifier l’agrivoltaïsme

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©  Next2Sun

L’agrivoltaïsme va sortir rapidement de la catégorie expérimentale où il était jusqu’à maintenant rangé. Les grands développeurs français n’attendent pas les résultats de l’appel d’offres sur 140 MW dédié à l’innovation solaire du ministère de la Transition écologique et solidaire pour dévoiler leurs ambitions dans les projets de grande taille. C’est le cas de Total-Quadran, qui travaille d’un côté sur la mobilisation du foncier agricole, grâce par exemple à un premier accord avec InVivo et ses 201 coopératives, et sur la technologie, comme le montre cet inédit partenariat exclusif en France avec le fabricant allemand Next2Sun. Lequel propose une solution originale de rangées de panneaux verticaux et bifaciaux espacées de 10 mètres. La solution réduit l’emprise au sol des panneaux, coupe le vent, procure un peu d’ombre mais elle est aussi et surtout basée sur un raisonnement économique : les modules produisent moins dans la journée mais plus lorsque les rayons sont rasants, c’est-à-dire aux heures de plus forte consommation, comme le suggère ce schéma de Next2Sun :

Source : Next2Sun

Basée à Merzig dans la Sarre, où elle compte 6 MW en production, Next2Sun est intéressée par l’accès au marché français que convoite Total-Quadran. La filiale francaise EnR du groupe pétrolier a annoncé début mars ...

lors de son partenariat avec InVivo viser 500 MW photovoltaïques sur des terres agricoles d’ici 2025 et avoir « déjà identifié 200 hectares de terrains agricoles pouvant potentiellement bénéficier des installations solaires ». Total-Quadran compte installer des ombrières, des pare-vents (comme les appareils de Next2Sun), des panneaux sur trackers ou encore des installations d’autoconsommation conventionnelles.

Pas de limite de puissance

L’agrivoltaïsme est en train de changer de statut, car il permet de faire cohabiter les productions photovoltaïque et agricole sans limite de puissance. Assorti d’une courbe plus en phase avec les besoins de consommation, comme le promettent les équipements de l’entreprise sarroise, il peut faciliter les projets sans subventions. Interrogée sur la réglementation des corporate PPA dans l’agriculture, Sylvie Perrin, avocate associée du cabinet De Gaulle Fleurance & associés, indique ainsi que  » sauf réglementation locale, notamment par le biais du Plan local d’urbanisme qui imposerait un seuil applicable localement, la limite des projets ne s’exprime pas en terme de puissance mais est liée à ce qu’il est possible de faire en zone agricole sans contrevenir à la destination première de ces terrains : l’agriculture et ses activités accessoires. Il n’y a pas de textes qui autorisent les projets de grande taille mais pas non plus de textes qui les empêchent. »