Les radiateurs électriques encouragés pour rénover les bâtiments ?

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(@Aterno)

Dans son document sur la future stratégie nationale pour réduire la consommation d’énergie dans les bâtiments, destiné notamment à transposer la nouvelle directive européenne concernée et mis en consultation le 14 février, le ministère de la Cohésion des territoires propose page 97 de modifier le calcul du futur Diagnostic de performance énergétique (DPE). En l’exprimant en énergie finale et non plus en énergie primaire. Il veut faire de même pour le label BBC-Rénovation, dont le niveau serait aligné sur celui de l’étiquette B du DPE, souhaité à 60 kWhEF/m²/an – il est actuellement de 80 kWhEP/m²/an. L’électricité devient de la sorte mécaniquement moins énergivore – elle est déjà bas carbone en France – et les équipements électriques auront sans doute alors tendance à être privilégiés.

Simplifier les indicateurs ?

Cette modification, ...

qui a le mérite de simplifier un peu un sujet bien complexe, suscite une nouvelle inquiétude chez les opposants à l’électrification massive des usages. Elle succède à une protestation de même nature consécutive aux nouveaux coefficients de conversion de l’énergie primaire en électricité finale dans la réglementation pour les bâtiments neufs 2020 en cours de finalisation. Dans le document des pouvoirs publics, cette modification paraît surtout destinée à clarifier les choses, en harmonisant les modes de calculs et la correspondance entre étiquettes DPE et labels de qualité.

Telle n’est pas l’interprétation de Florence Lievyn, déléguée générale de l’association Coénove, qui y voit un nouvel encouragement à l’électricité française conventionnelle, « un soutien que manifesteraient désormais divers documents officiels de façon diffuse et sournoise ». Ces nouveaux calculs auraient par exemple pour conséquence de désavantager le gaz, le biogaz mais aussi les travaux d’isolation, rendus moins nécessaires. Une conclusion que ne partage pas EDF, qui s’exprimait récemment sur la future RE 2020.

Selon Florence Lievyn, les seuils et formulations du texte du ministère de la Cohésion des territoires ont toutes les chances de se retrouver dans la définition du futur DPE, prévu pour entrer en application en 2021, avec un texte d’arrêté prêt pour cet été. Le niveau de BBC-Rénovation, de 80 kWhEP/m²/an voire de 60 kWhEF/m²/an, représente de toute façon le Graal de la rénovation et reste assez théorique, ne concernant qu’autour de 20 000 travaux par an. Les opérations actuelles, souvent séquencées, arrivent rarement à un niveau inférieur à 100.