Les Français plus favorables aux EnR mais aussi plus critiques

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Inauguration des eoliennes citoyennes de Beganne (Crédit : éolien-citoyen.fr)

L’Ademe a publié cette semaine la 6e vague de son sondage annuel, réalisé depuis 2014, sur la perception des questions environnementales par 1 000 Français représentatifs. La deuxième partie de l’étude est consacrée aux énergies renouvelables, la troisième à l’énergie chez soi. Le document, très détaillé, est consultable ci-dessous. De l’opinion de la population décrite par cette enquête on retiendra quatre traits.

1) Sans surprise, 94% des Français sont favorables au développement des énergies renouvelables et 64% déclarent qu’ils seraient prêts à payer plus cher pour passer à une énergie renouvelable. L’augmentation moyenne acceptée tangente 12%, un record depuis 2014. 

2) Dans un paradoxe qui n’est qu’apparent, leur adhésion va de pair avec des reproches croissants, en particulier sur ...

l’intermittence (47%, +4 points), et la faiblesse du rendement (37%, + 3 points). Les sondés font aussi remonter un souci jusqu’ici peu manifesté : les matériaux utilisés pour la fabrication rendent les EnR « pas vraiment écologiques » (+6 points depuis 2018 et +9 points depuis 2014). Cette inquiétude est éprouvée par 1 Français sur 3. A noter que l’impact sur les paysages et la biodiversité est moins évoqué cette année (31%, – 3 points par rapport à 2018). Cet esprit de plus en plus critique est lié au degré d’information des Français sur les EnR, qui progresse lui aussi et les amène à s’exprimer en meilleure connaissance de cause.

3) Le solaire reste l’énergie renouvelable préférée et de loin. L’enquête ne révèle pas pour autant une éventuelle dégradation de l’image des éoliennes : 60% des répondants qui pourraient être concernés, car vivant à la campagne, accepteraient un parc éolien. Ce taux progresse de 3 points par rapport à 2017.  

4) Deux bonnes nouvelles pour les spécialistes du marché résidentiel : d’abord, 68% des Français (+ 2 points) seraient prêts à payer plus cher pour produire leur électricité et un Français sur cinq désire investir dans les EnR à domicile au cours des 12 prochains mois (+7 points depuis 2014). Ensuite, 36% des Français ont l’intention de réaliser des travaux d’économies d’énergie, davantage qu’en 2018 (+4 points). 57% de ces volontaires prévoient de les mener dans les 12 mois. 

Il y a bien entendu loin des paroles aux actes et certains résultats du sondage ne manquent pas d’incohérence, par exemple quand 21% des interrogés disent avoir l’intention d’investir chez eux (solaire, bois, géothermie) sans que le type d’habitation ou le statut locatif joue un rôle dans leur détermination. Les sondeurs s’en étonnent à juste titre. De deux choses l’une : ou bien les locataires se comportent désormais comme des propriétaires, ou bien les sondés ont parfois tendance à dire ce que l’on a envie d’entendre. 

Consulter le sondage de l’Ademe (ici en PDF) :