Le fournisseur britannique Ovo à l’assaut du marché français

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(@Selectra)

Tir groupé. Le fournisseur alternatif d’énergie Ovo Energy a bouclé hier l’acquisition de l’activité retail – 3,5 millions de clients – d’un des grands acteurs du marché britannique, SSE (Scottish & Southern Energy). Pour sa part, Ovo Energy compte 1,5 million de clients Outre-Manche. Aujourd’hui, il confirme son lancement de ce côté-ci du Channel, sous la même marque et avec de fortes ambitions, même si aucun chiffre n’est divulgué.

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répliquer le succès d’Ovo sur le territoire français, le fournisseur s’implantant aussi en Espagne et en Australie.

16% de réduction

En France, de premières affaires ont déjà été conclues ces dernières semaines dans l’électricité verte, avec une proposition tarifaire offensive, en l’occurrence 16% de réduction par rapport aux tarifs réglementés de vente. Le site internet français d’Ovo insiste fortement sur les économies, en promettant par exemple : « Chez Ovo, j’économise 142€/an par rapport au tarif bleu d’EDF, tout en passant au vert. » Une offre gaz avec option 100% biogaz est à l’étude.

Interrogé sur l’approvisionnement électrique, Toby Ferenczi, directeur de la stratégie, précise qu’Ovo Energy France s’appuie sur des garanties d’origine mais que des accords avec les producteurs d’EnR seront aussi recherchés.

Mais comment conjuguer électricité verte et tarifs bon marché ? Par la technologie, répond Toby Ferenczi, en affirmant que « la disruption est encore à venir sur le marché français ». En automatisant et numérisant au maximum les process, Ovo Energy est selon lui capable d’être à la fois efficace, bon marché et agréable pour les clients. Un rapide calcul sur les résultats en Grande-Bretagne amène à prendre ces propos au sérieux. Employeur de 2 000 personnes, Ovo Energy vient de racheter le portefeuille d’un fournisseur historique 2,5 fois plus gros mais géré par un peu moins de 8 000 collaborateurs. 

Une option vehicule to grid

La « disruption » semble passer aussi par de nouveaux services sur le marché. En Grande-Bretagne et même si elle est très peu diffusée, Ovo propose déjà une option “vehicule to grid”pour la recharge des véhicules électriques, en rémunérant 30 pence le kWh injecté sur le réseau, avec une prime de bienvenue de 75£ (88€). Cette possibilité complète une offre de recharge intelligente aux heures creuses. Le même principe est proposé en autoconsommation collective avec les batteries stationnaires de Sonnen, le client d’Ovo étant payé pour contribuer à alimenter ses voisins en électricité lorsque le réseau local en a besoin. Ovo laisse ici espérer une économie de 100£ pour une batterie de 2,5kW/5kWh, une installation solaire de 5kW et une consommation de 5 000 kWh par an. « Nous comptons mettre cela en place en France, par étapes, mais le plus rapidement possible et avec différents partenaires », annonce Toby Ferenczi.

Marché chahuté

Ovo Energy appartient et a été fondé en 2009 par Stephen Fitzpatrick, un ancien trader. Le capital a récemment été ouvert à d’autres acteurs, notamment à Mitsubishi qui détient 20%. Annoncée en septembre, autorisée en décembre, l’acquisition spectaculaire de l’activité retail de SSE, pour 500 M£ (587M€), propulse Ovo au deuxième rang des fournisseurs d’énergie en Grande-Bretagne, derrière British Gas (7,2 millions de clients) et devant EDF et E-On, dans un marché chahuté où nombre de petits concurrents ont jeté l’éponge. Selon le régulateur Ofgem, à la fin du premier semestre  2019, British Gas détenait 19% du marché de détail de l’électricité, SSE 13%, E-On 12%, EDF 11% et Ovo Energy, 4%.