Le « Green IT » amorce son retour, porté par l’empreinte carbone

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(@Magellan Partners)

Pour les opérateurs d’efficacité énergétique, le moment est-il venu de rendre visite aux directions des systèmes d’information (DSI) dans les entreprises et les collectivités ? « Les grands groupes ont pris conscience de l’impératif climatique. C’est en train de redescendre jusqu’aux DSI », affirme Stéphan Durey, associé chez Magellan Consulting. Ce cabinet de conseil international est spécialiste des technologies de l’information (125 M€ de chiffre d’affaires, un millier de collaborateurs). Il a mis au point cette année une ...

expertise sur l’empreinte carbone des systèmes d’information, pour anticiper sur les besoins de ses interlocuteurs dans la banque, la santé, le secteur public, entre autres. « Bénéficier d’un bon ratio entre l’intensité carbone et le chiffre d’affaires va devenir un avantage compétitif. Cette notion commence à apparaître dans la gestion de projets informatiques et va devenir systématique, au même titre que la cybersécurité », estime Stéphan Durey.

Efforts compromis

Par quoi pourrait se traduire concrètement ce phénomène, qui correspond à ce qu’il est convenu d’appeler le “Green IT” – qui ne date pas d’hier ? Pour l’instant, Stéphan Durey donne la priorité à deux actions : 1) installer un mesurage énergétique de qualité, y compris en temps réel, en s’intéressant de près, par exemple, aux serveurs utilisés; 2) se demander, à l’inverse, comment la numérisation peut optimiser la consommation d’énergie. Ce n’est pas gagné : « l’énergie consacrée au numérique représente 4% des gaz à effet de serre, en hausse de 9% par an. Dans quelques années, le risque est que le secteur devienne le principal émetteur de GES mondial », fait remarquer cet expert, qui craint que l’explosion des données utilisées compromette les efforts d’efficacité énergétique produits par ailleurs par les entreprises et les institutions. Et le salut n’est certainement pas à attendre des géants du web qui ne verdissent que leur propre approvisionnement énergétique, via des CCPA renouvelables par exemple.

La résilience appliquée aux systèmes d’information

Ce sourcing décarboné est aussi une piste pour les utilisateurs, mais mieux vaut commencer par le début, c’est-à-dire bien circonscrire le sujet des consommations et de l’impact carbone. « Cette mesure est un déclencheur majeur, affirme Stéphan Durey. Ensuite, il faut trouver des idées ! » Par exemple, regarder de près le cas des fournisseurs, en particulier le comportement des entrepôts de données. Bonne nouvelle, « les gestionnaires investissent massivement aujourd’hui pour rénover leurs installations. » Et profitent aussi des aides en la matière, comme les fiches dédiées des certificats d’économie d’énergie. 

Cela dit, la donnée, les lignes de codes et le hard ware ne sont pas forcément des ennemis du climat. D’une part, les données proposent justement des pistes pour réduire les consommations, par exemple pour optimiser l’inspection d’infrastructures. D’autre part, le concept de résilience a sa place dans le “Green IT”. « Peut on se passer de certaines architectures complexes et systèmes répliqués ? Les datacenters pourraient ils fonctionner dans des plages de températures plus larges, pour limiter la climatisation ? Les matériels, les ordinateurs, peuvent-ils être renouvelés moins souvent ? « , interroge Stéphan Durey. Manifestement, d’importantes économies énergétiques et financières sont ici en latence, aux yeux du consultant, convaincu que la contrainte carbone et environnementale va commencer à structurer pour de bon les nouvelles technologies de l’information.