Effy va lancer en 2020 une solution de financement innovante

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(c) Pixabay

Recentré sur le marché des particuliers depuis la vente de son activité BtoB à Engie en début d’année, le groupe Effy planche sur une offre de financement dirigée vers les ménages les plus modestes. Des discussions sont en cours avec plusieurs acteurs financiers sur les modalités. Effy attend les derniers arbitrages du gouvernement sur la future grille des aides financières à la rénovation énergétique.

Logique de pay-as-you-save

« Nous ne sommes ni banquier, ni assureur. Notre volonté est d’apporter une solution aux ménages modestes et surtout très modestes pour financer le reste à charge de leurs travaux de rénovation énergétique », explique Frédéric Utzmann, président d’Effy. Une démarche qui répond à un besoin issu de la réforme en cours du Crédit d’impôt transition énergétique (CITE) en une prime par acte, indépendante du montant du devis, dont le barème ...

doit être fixé prochainement par le gouvernement. « Les aides financières sont globalement connues mais certains arbitrages peuvent encore intervenir », indique Frédéric Utzmann.

De cette réforme va accoucher des restes à charge qui seront autant de freins aux opérations de rénovation énergétique, notamment pour les ménages les plus précaires. C’est pour lever cet obstacle qu’Effy souhaite proposer une solution de financement à ces particuliers. « L’enjeu, c’est de rendre solvables des gens qui ne le sont pas et auxquels les banques commerciales ferment aujourd’hui leurs portes », explique Frédéric Utzmann qui a en tête un schéma de financement de type pay-as-you-save, ce qui pourrait se traduire par « remboursez ce que vous économisez ».

Un modèle d’affaires déjà connu dans l’industrie, mais inexistant chez les particuliers, et qui prend souvent la forme de contrats de performance énergétique dans lequel le fournisseur de solutions se rémunère sur les économies d’énergie. Question : quel acteur financier serait prêt à prendre le risque de financer ces opérations auprès d’un public peu solvable ? Une banque publique qui compte beaucoup de comptes de ménages précaires comme La Banque Postale ? « Nous avons trois pistes de travail », se contente de répondre le président d’Effy. Le groupe discute également avec des fonds d’investissement. Avec ses 120 000 travaux de rénovation énergétique en 2019, Effy commence à avoir une taille suffisante pour agréger un nombre suffisant de projets « standardisés » pour intéresser des fonds, certes désireux d’investir dans le secteur mais sur un minimum de volumes. Il espère finaliser son offre de financement en 2020.

Outils de contrôle et chaîne de confiance

Rétablir la confiance avec des particuliers excédés par les campagnes massives de démarchage téléphonique, qui commencent à être sanctionnées, est l’autre priorité d’Effy. Le groupe indique vouloir exercer un contrôle systématique sur ses 2 200 entreprises partenaires, bientôt le double, en vérifiant leur réputation, leur solvabilité ainsi que leurs qualifications RGE. Un travail de fourmi qu’Effy indique également entreprendre pour les sous-traitants de ses partenaires. La société aurait ainsi éliminé une centaine d’entreprises postulantes.

En matière de suivi des travaux, Effy annonce 5 500 contrôles sur site par des bureaux de contrôles indépendants sur ses 120 000 opérations en 2019. Le groupe planche également sur une gamme d’outils d’auto-vérification (check-list) par les particuliers lors de la réception du chantier, en phase avec les récentes propositions du gouvernement. Il demande aux organismes délivrant les différentes qualifications RGE de rendre public l’ensemble des points de contrôle et de vigilance de leurs référentiels. A terme, les clients pourraient même prendre des photos lors de la réception des chantiers qu’ils enverraient à Effy, à l’image de ce qui se pratique dans la location de véhicules.

200 M€ de CA en 2019

L’année 2019 aura été belle pour Effy. Le groupe, recentré sur le BtC, a doublé son chiffre d’affaires (200 M€) et ses effectifs (200 salariés) en l’espace d’un an. Si Frédéric Utzmann ne souhaite pas partager ses objectifs pour 2020, nul doute qu’ils sont élevés. Interrogé sur le trou d’air qu’il craignait au 1er trimestre 2020, ce dernier explique avoir un portefeuille de projets suffisant pour ne pas être trop affecté par un éventuel retard au démarrage de l’Anah au 1er janvier. L’Agence nationale de l’habitat doit choisir demain lors de son conseil d’administration l’entreprise prestataire qui sera chargée d’instruire les dossiers des demandeurs de prime. Il devrait s’agir d’une société habituée à travailler avec l’Etat sur la distribution d’aides publiques.