Un nouveau placement privé pour McPhy, de 8 M€ cette fois

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(Crédit : McPhy)

Article complété le 07 novembre 2019 –

Augmentation de capital pour McPhy, via un placement privé : 8 M€ étaient recherchés, 6,9 M€ ont été obtenus le 07 novembre 2019. La PME industrielle de l’hydrogène décarboné, cotée mais malmenée sur Euronext, a fait appel de nouveau à des investisseurs qualifiés, français et internationaux, mais aussi à ses actionnaires principaux, EDF et Bpifrance. L’opération vise à fournir les besoins en trésorerie dans les 18 mois qui viennent, donner de nouveaux moyens à la R&D et à financer l’accélération de l’activité, selon le communiqué de McPhy du 5 novembre. L’entreprise en profite pour laisser entrevoir ...

une progression de 40% de son chiffre d’affaires en 2019, lequel s’élevait à 8 M€ l’an dernier (avec une perte nette de 9,5 M€) et à 10,1 M€ en 2017, année de forte croissance.

Grosses plateformes

McPhy signale aussi des négociations exclusives pour la construction et la mise en service d’une plateforme d’électrolyse de pas moins de 20 MW en Europe, la première phase étant le contrat d’ingénierie. Plus globalement, l’industriel met en avant son optimisme quant à la demande de grosses plateformes d’hydrogène, comme celle en service à Pau. Sa technologie équipe notamment la station d’avitaillement des bus à hydrogène décarboné du Syndicat mixte des transports Artois-Gohelle (SMT-AG), inaugurée en juin à Houdain (Pas-de-Calais) et dimensionnée à 200 kg/jour 

Interrogé la semaine dernière sur les perspectives de ces grandes unités, le président de McPhy Pascal Mauberger indiquait que le prix de l’hydrogène d’origine renouvelable – qui suppose la présence d’un électrolyseur – est inversement proportionnel à la puissance de la station et que de très gros projets sont à l’étude, pour les camions, les trains et les navires, avec des gabarits entre 600 kg et 2 tonnes par jour. Mais pour l’heure et pour doper ses ventes en France, ce fabricant compte surtout sur les ambitions confirmées par certaines communes (Auxerre par exemple), de nombreuses régions (Aura, Normandie, Bretagne, Occitanie…) et aussi sur l’aide de l’État. Lequel examine, en plus d’un plan de développement déjà opérationnel, un mécanisme de soutien aux installations, mis au point par l’Afhypac et proposé il y a quinze jours, pour avoir une chance d’atteindre les objectifs nationaux.

Pas de sanction

A noter que dans le cadre de l’augmentation de capital, le fonds Ecotechnologies, géré par Bpifrance, et EDF Pulse Croissance, actionnaires respectivement de 7,7% et 21,2% du capital, vont souscrire en proportion, soit 28,9% en tout. Et aussi qu’un projet d’attribution de bons de souscription d’action pour tous les actionnaires est prévu, pour qu’ils participent ultérieurement à l’augmentation de capital. Le but est ici d’atténuer un peu cet effet dilutif qui avait été peu apprécié il y a deux ans, lorsque McPhy avait réalisé une levée de fonds express et déjà 100% privée de 4,6 M€.

Suspendue le 5 novembre 2019, la cotation a repris le surlendemain, avec un titre en chute à 9 heures 30 de 14,20%, à 2,9€. Pour le placement privé, le prix de souscription des actions avait été fixé à 2,70 euros par action, correspondant à une décote de 20,1% par rapport au cours de clôture du 4 novembre 2019. Pour rappel, le titre cotait 8,25€ lors de son introduction en Bourse en 2014. Pour le redresser durablement, rien ne vaut un carnet de commandes de mieux en mieux fourni à l’avenir, ce qui n’est pas du tout exclu.