EDF boucle son programme d’amélioration des Step

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(EDF)

L’événement est suffisamment rare en France pour être signalé. EDF a inauguré aujourd’hui l’extension de sa station de transfert d’énergie par pompage (Step) de la Coche en Savoie, dans la Tarentaise. Moyennant un investissement de 150 M€ et un projet engagé en 2011, l’électricien y a installé une turbine Pelton* de 240 MW et a pu améliorer la puissance globale de cette centrale de 1976 de 20%, avec une production qui passe de 550 GWh à 650 GWh par an. Une amélioration dont les autres Step d’EDF (six en tout) ont déjà bénéficié.

Le chantier de la Coche a fait appel à des robots conçus par EDF pour les travaux situés dans des zones difficilement accessibles et souterraines. Ce chantier était le deuxième projet hydraulique le plus important en France après celui en cours à Romanche-Gavet (Isère).

Un potentiel de 2 GW

Pour rappel et selon France Hydro, les Step représentent ...

18% de la capacité hydroélectrique en France et 10% de la production annuelle. Le projet actuel de Programmation pluriannuelle de l’énergie rappelle que les 4,3 GW de Step et les barrages hydroélectriques constituent le moyen de stockage à grande échelle le plus important en France. Le document estime qu’il existe un potentiel d’environ 2 GW en France continentale pour cette technologie et que « les Step restent aujourd’hui les seuls moyens de stockage « économiquement compétitifs », même si les conditions de marché actuelles ne permettent pas de rentabiliser un nouvel investissement sans des aides à court terme. » Mais de son côté, EDF n’annonce pas officiellement de nouvelle installation. Cela dit, Yves Giraud, directeur de la division hydraulique d’EDF, signalait début septembre un projet de création de barrage souterrain sur La Truyère, en Aveyron, sans confirmer sa vocation.

Pour rappel, la plus puissante centrale hydroélectrique hexagonale est une Step, celle de Grand’Maison dans l’Isère, capable de mobiliser 1 800 MW sur le réseau en 3 minutes. La retenue formée en altitude par le barrage de Grand’Maison constitue le réservoir supérieur, relié par des conduites à la retenue du Verney, 900 mètres plus bas.

* D’un diamètre de 3,6 mètres pour 15 tonnes, la roue Pelton est mise en rotation par l’eau projetée à près de 500 km/h par cinq injecteurs et entraîne l’alternateur, lequel est installé dans une enceinte blindée en béton de 80 cm d’épaisseur. Equipée d’un revêtement spécifique, la roue résiste mieux à l’abrasion des eaux chargées en sédiments. Elle est aussi plus facile à entretenir ou à remplacer que les turbines Francis « réversibles » (pompage–turbinage) de la centrale souterraine.