Comment Powidian tire son épingle du jeu dans le stockage hydrogène

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(Crédit : Powidian)

Depuis son lancement il y a quatre ans, elle a fait son bonhomme de chemin, la station autonome à l’hydrogène de Powidian. Des commandes sont arrivées, une dizaine d’appareils ont été livrés, des salariés embauchés et un chiffre d’affaires de 2 M€ est annoncé pour 2019, avec l’espoir de le doubler en 2020. Cette entreprise de 27 collaborateurs basée en Indre-et-Loire, à la Ville-aux-Dames, est par ailleurs en cours d’augmentation de capital, avec l’arrivée ...

au capital pressentie d’un investisseur industriel français d’envergure internationale.

Centre d’essai maison

Signe de son optimisme et d’un état d’esprit conquérant, Powidian a inauguré aujourd’hui dans ses locaux un centre d’essai de 1 800 m², pour tester ses matériels et ceux de ses partenaires, un investissement de plusieurs millions d’euros. La station de Powidian est effet un « couteau suisse » composé de différents outils, de production d’électricité solaire, de conversion en hydrogène, de stockage et de gestion du tout en autonomie ; avec un contrôleur embarqué qui est sans doute l’un des points forts du système. Lequel a été pensé au départ pour les sites militaires isolés, Powidian étant d’ailleurs une émanation de Airbus Defence & Space. Cette visée initiale vers le off grid ou le micro réseau robuste est confirmée aujourd’hui, puisque la jeune entreprise a décroché cet été une commande de l’armée française, pour les Iles Glorieuses dans l’Océan Indien, afin de remplacer des groupes électrogènes par des panneaux solaires, des batteries et un stockage hydrogène long. Ces matériels sont systématiquement éprouvés avant utilisation et comme l’indique Bertrand Chapuis, directeur des ventes, « rien ne remplace les tests grandeur nature à l’extérieur » pour des appareils soumis à rude épreuve », d’où l’investissement dans la nouvelle plateforme.

Confirmation aussi dans le bâtiment

Mais la capacité de survie et même de succès de Powidian dans l’écosystème de l’hydrogène doit aussi beaucoup à sa diversification, c’est-à-dire une adaptation du modèle initial aux demandes du secteur du bâtiment, pour l’autoconsommation énergétique. Une première opération a été initiée puis livrée près de Nantes avec le promoteur Galeo Promotion, pour son immeuble Delta Green capable de stocker sous forme d’hydrogène une partie de l’énergie produite par des panneaux photovoltaïques. « Depuis, les marques d’intérêt se multiplient, notamment de la part d’entreprises qui souhaitent des sièges sociaux « green » et innovants », indique Bertrand Chapuis.

L’évolution des demandes issues du hors réseau à l’international et pour l’autoconsommation en métropole devrait en parallèle amener Powidian à produire des stations de plus en plus puissantes, de l’ordre de 100 kW à court terme et jusqu’à 1 MW dans un avenir proche, sur un marché manifestement de plus en plus attractif. La preuve : il est structuré par des consortiums conduits par des grands groupes comme Engie, Vinci Energies ou Bouygues Energies et Services.