Repowering éolien : La CRE ne veut (presque) pas de soutien en guichet ouvert

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© WPD

La Commission de régulation de l’énergie (CRE) a publié le 5 août une délibération sur l’évolution du guichet ouvert éolien (6 mâts maximum n’excédant pas 125 mètres). Jusqu’ici peu abordé, le thème de repowering y est, cette fois-ci, analysé de près. Sans surprise, le régulateur adopte une position relativement stricte sur les éventuels soutiens auxquels pourraient prétendre ces petits parcs éoliens.

Poursuite d’exploitation sans aide

(c) CRE

La CRE s’est intéressée aux deux cas de figure possibles : la poursuite de l’exploitation avec investissements, et le démantèlement avec reconstruction. L’institution, présidée par Jean-François Carenco, donne sa préférence à ...

la première solution, tant d’un point de vue économique qu’écologique. « Sous l’angle de la rationalité de la dépense publique, il est souhaitable que ces parcs produisent jusqu’à leur limite technique. Cette démarche permet de maximiser le ratio production / soutien public, la production se poursuivant au-delà de 15 ans alors que le soutien s’arrête à cette date. Elle permet également d’exploiter au mieux un outil industriel dont la réalisation a représenté une certaine empreinte environnementale, liée aux matériaux nécessaires à la construction des différents composants, à leur transport et au chantier », justifie-t-elle.

A quels types de soutien pourraient prétendre les exploitants dans cette configuration ? Aucun. La CRE propose d’interdire à tout site qui a bénéficié d’un soutien dont la date de prise d’effet remonte à moins de 20 ans de bénéficier d’un nouveau soutien. Le régulateur estime en effet que le parc étant amorti grâce aux subventions publiques, tout mécanisme supplémentaire serait superflu.

Repowering soutenu par AO

Soucieuse de ne pas se montrer aveugle aux problématiques de la filière éolienne, la CRE prend en considération des scenarii qui sont loin d’être hypothétiques : « S’il était démontré que : (i) la durée de vie de certaines générations d’aérogénérateurs plafonne effectivement à 15 ans ou que (ii) leur prolongement ne peut pas se faire dans des conditions économiques et industrielles satisfaisantes – si la production des pièces d’une gamme d’éolienne a été arrêtée ou que les coûts de maintien en exploitation son prohibitifs – ou que (iii) de nouveaux équipements permettraient d’augmenter de manière substantielle la production du site considéré en prenant en compte ses contraintes, alors un cadre dérogatoire pourrait être pertinent pour remplacer de tels parcs avant que les 20 années d’exploitation soient révolues », considère-t-elle. Mais ajoute qu’un « appel d’offres dédié serait plus approprié » qu’un complément de rémunération automatique.

En effet, le régulateur estime que reconstruire sur un même site est beaucoup plus facile en raison des régimes de vent élevés qui règnent sur les premiers emplacements occupés. Par ailleurs, le développement ne comporte pas les mêmes risques tant en termes d’acceptabilité, de raccordement, et de géologie. Un avis que ne partagent pas vraiment les acteurs de la filière.

Mais pour ces raisons, la CRE considère que les futurs projets de parcs en repowering ne doivent en aucun cas pouvoir bénéficier du soutien proposé dans le cadre du guichet ouvert. Néanmoins, elle laisse la porte ouverte à un soutien maitrisé, « exclusivement au travers d’un appel d’offres ». Reste à savoir si elle sera suivie par la Direction générale de l’énergie et du climat (DGEC).