Watt for change de Valorem soutient 10 projets anti précarité énergétique français

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La lutte contre les passoires thermiques et la précarité énergétique est d’une efficacité plus que contestable en France et les tergiversations gouvernementales et parlementaires sur l’obligation de travaux dans les logements loués n’incitent pas à l’optimisme. Les initiatives concrètes sont donc les bienvenues, par exemple ce fonds de dotation Watt for change de Valorem, qui vient d’attribuer 236 000 € à dix associations*. Comme Camel** en Meurthe-et-Moselle : cette équipe a accompagné plus de 4 000 propriétaires occupants et bailleurs privés dans leurs projets de réhabilitation de logements et promeut sur le terrain le « tiers payant rénovation » (via des aides publiques) pour aider les propriétaires pauvres à faire des travaux.

Watt for Change avait lancé en janvier dernier un appel à manifestation d’intérêt à cette fin. Ce fonds abondé par Valorem mais aussi ponctuellement par Natixis Energéco et ...

des personnes privées a été lancé fin 2016. Il bénéficie d’un budget annuel entre 300 000€ et 400 000€, défiscalisés à 60%. Initialement, l’enveloppe était dédiée à l’accès aux énergies renouvelables dans les pays en développement, par exemple à Madagascar, Haïti ou au Sénégal. Valorem ne fait pas que donner de l’argent mais est mécène de compétences, ie contribue comme développeur ou installateur de centrales adaptées ; en Haiti, il travaille ainsi sur des panneaux solaires rabattables en cas de cyclone. En tout, sept projets de production EnR ont été financés en 2 ans.

 » En France aussi, le partage des ressources énergétiques devient un sujet « 

Mais pourquoi en 2019 passer des EnR dans les pays émergents à la précarité énergétique tricolore ? « Lors des réunions publiques sur nos projets en France, nous sommes frappés par le nombre de questions sur l’utilité réelle pour les habitants, sur la possibilité d’avoir une électricité moins onéreuse. En France aussi, le partage des ressources énergétiques devient un sujet et c’était le sens de cet appel à projets », explique Virginie Joyeux, responsable de Watt for change. Cela dit, en parallèle, le fonds vient aussi de boucler une autre consultation internationale, toujours pour l’accès aux EnR, avec 10 lauréats. En 2020, Watt for change compte soutenir la « transition énergétique populaire », en France et ailleurs. En pratique, il pourrait encourager des projets EnR agricoles qui concourent à la conversion au bio, grâce aux revenus supplémentaires. Un concept qui n’intéresse pas que Valorem : c’est aussi celui de Maif Transition, le fonds – d’investissement, pas de dotation – de l’assureur Maif pour les projets agrivoltaïques d’Akuo Energy.

*L’association Camel en Meurthe et Moselle, le réseau Eco-Habitat dans l’Oise, la Scic Energ’éthique 04 dans les Alpes de Haute-Provence, l’association Toit à Moi à Nantes qui reloge des personnes à la rue, l’association Gefosat dans l’Hérault, le Creaq (Centre régional d’éco-énergétique d’Aquitaine) en Gironde, les Compagnons bâtisseurs du Morbihan, le Geres dans les Bouches-du-Rhône, l’association Eco Habiter en Corbières et Minervois dans l’Aude et l’association ARE PB (Autres regards sur l’environnement Piémont Biterrois dans l’Hérault.

**Camel (Collectif pour l’AMélioration Energétique du Logement)