Alcimed se penche sur le biomimétisme appliqué à l’énergie

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© Alexas_Fotos, pixabay

Les technologie énergétiques imitent parfois la nature. C’est le cas de l’hydrolienne d’EEL Energy, inspirée des ondulations des anguilles. Pour sa part, l’université de Cambridge s’intéresse au duvet des plumes de chouettes pour réduire le bruit des pales des éoliennes, un principe aussi exploré par Enercon. RTE regarde la symbiose mycorhizienne, soit l’association entre les champignons et les plantes, pour aider à équilibrer les flux électriques entre les régions.

Hibernation, fourmis et systèmes

Le cabinet de conseil Alcimed a étudié d’autres applications pour faciliter le stockage d’énergie, la mobilité ou encore l’optimisation de la chaleur. « Le réseau électrique pourrait ...

s’inspirer de l’hibernation des mammifères, en utilisant des mécanismes de réduction de l’énergie. Cela pourrait donner des boucles de régulation, ou des systèmes de réduction de la consommation », évoque Arielle de Royer, consultante senior énergie et environnement chez Alcimed. Le deuxième compare la mobilité des véhicules autonomes aux déplacements de groupes de mammifères ou d’insectes, en imaginant « des algorithmes à partir des trajets des fourmis », ou en s’inspirant des essaims et des bancs de poissons. Le dernier pourrait s’implanter en zone industrielle : « un système se développe avec des contraintes, en fonction notamment des ressources disponibles », explique Arielle de Royer. Par exemple, placer un acteur en déficit de chaleur à côté d’un bâtiment avec de la chaleur résiduelle, pour obtenir « un écosystème d’acteurs aux bénéfices échangés. »

Technologie transversale

Mais cette technologie nécessite des moyens : biologie, chimie, design, ingénierie… « Le biomimétisme se situe à la croisée de différents domaines qui ne communiquent pas toujours entre eux », observe Arielle de Royer. « Beaucoup d’observations dans la nature ont été faites : il s’agit maintenant de les transposer. Nous pouvons observer quelque chose dans le vivant, puis l’appliquer, ou avoir une problématique et chercher quelque chose dans le vivant pour la résoudre. Il y a un enjeu de mise en relation et de technologie ». Alcimed se place en amont des projets : « Nous nous plaçons du côté théorique : nous proposons une méthodologie d’innovation, mais nous n’allons pas participer à la mise en place de prototypes ». Le secteur est encore tout jeune en France, qui va accueillir la 4e édition d’un forum sur le biomimétisme cette année. Le CEEBIOS (Centre Européen d’Excellence en Biomimétisme de Senlis) compte aussi parmi ses adhérents beaucoup d’acteurs français, comme Engie, Air Liquide ou Renault.