Eolien : les Allemands font carton plein en Turquie

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(Crédit : wpd)

Les deux pays entretiennent des relations étroites et cela bénéficie aux industriels allemands. Enercon et E.ON sont les grands gagnants du deuxième appel d’offres éolien turc (Yeka 2) avec 500 MW chacun à construire. Les prix proposés par Enercon sont très compétitifs, juste au-dessus de 30 €/MWh, stables par rapport à la session précédente.

31,80 €/MWh sur 15 ans

La Turquie a attribué son deuxième gigawatt éolien à travers une procédure d’appel d’offres. Le turbinier allemand remporte la moitié du volume total, soit 500 MW, confirmant son intérêt pour le développement de projets à l’international, pour compenser la baisse significative des installations d’éoliennes sur son marché domestique. Concrètement, Enercon a gagné ...

2 tranches de 250 MW chacune, situées à Balikesir et Mugla. Le premier parc vendra son électricité sur 15 ans à un prix garanti de 35,30 $/MWh (31,80 €), le second à 40 $/MWh (35,80 €). Un prix plafond de 55 $/MWh (48 €) avait été fixé lors de l’annonce de l’AO en novembre dernier.

Au-delà du contrat de fourniture, le groupe allemand dispose d’une autorisation d’exploitation de 49 ans. Interrogé par GreenUnivers, Enercon affirme vouloir dans un premier temps développer ses projets seuls, en utilisant bien entendu ses propres turbines (EP3 ou EP5 à définir dans un second temps). La compagnie se dit néanmoins ouverte à des coopérations, notamment locales, ce qui semble aller de soi au regard du cahier des charges concocté par le ministère turc de l’Energie et des Ressources Naturelles. Il prévoit notamment un local content de 65%, et l’obligation d’installer dans le pays une usine qui emploie 90% de main-d’œuvre locale pour sa construction et exploitation. Des conditions qu’Enercon remplit déjà grâce à son usine située dans la zone franche d’Aegean. « A l’heure actuelle, la Turquie est l’un des marchés internationaux les plus importants pour Enercon. Le groupe y a installé près de 1 400 MW et est l’un des principaux acteurs du pays », indique l’entreprise allemande.

E.ON ne veut pas se séparer de l’éolien

Le deuxième lauréat, pour 500 MW également, est le groupe germano-turc Enerjisa, mais les détails de ses offres ne sont pas connus. A noter que depuis 2013, l’électricien allemand E.ON détient la moitié du capital de l’entreprise grâce à la reprise des participations de l’autrichien Verbund. En novembre dernier, cette joint-venture s’est introduite en Bourse à hauteur de 20% de son capital, mis sur le marché à parts égales entre ses deux actionnaires (Sabanci holding et E.ON). L’opération a valorisé Enerjisa autour de 1,6 Md€.

Ce contrat confirme le retrait des énergies renouvelables très relatif d’E.ON. Pour rappel, l’accord stratégique signé avec RWE l’année dernière concernant Innogy prévoyait, entre autres, qu’E.ON reprenne l’ensemble des actifs réseau et l’activité de fourniture d’énergie, tandis que RWE récupérait tous les actifs renouvelables d’Innogy et d’E.ON. Ce dernier semble néanmoins garder des ambitions fortes dans l’éolien, que ce soit en Turquie donc, mais aussi en Suède, ou en France dans le cadre de sa candidature à l’appel d’offres de Dunkerque.

30% d’EnR en 2023

Il s’agit du deuxième appel d’offres éolien organisé par le gouvernement turc en 3 ans. Le premier avait été remporté en intégralité par le consortium formé par Siemens et les deux groupes turcs Türkerler et Kalyon. Les 1 000 MW seront répartis entre 4 projets éoliens distincts situés dans les villes de Sivas, Edirne, K?rklareli et Eski?ehir. Le prix proposé par le consortium était déjà compétitif pour l’époque : 34,80 $/MWh (31,15 €/MWh) en moyenne. Le parc éolien turc a dépassé les 7 GW en novembre 2018.

Le pays vise une part de 30% d’EnR dans son mix électrique en 2023, largement dominé par l’hydroélectricité (34 GW), suivi de l’éolien (20 GW). Contrairement à la plupart des pays, la Turquie accorde une moindre importance au solaire (5 GW prévus en 2023) et a récemment reporté un appel d’offres dédié de 1 GW.