L’Outre-mer devient prometteur pour les énergies marines

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(Crédit : SEM-REV – Centrale Nantes)

L’enquête publique sur les quatre éoliennes flottantes au large de Gruissan (Aude) proposées par Quadran Energies Marines, Ideol, Bouygues et Senvion, réunis sous le nom EolMed, aura lieu du 21 juin au 22 juillet. Selon les anticipations du consortium, le commissaire enquêteur devrait rendre son rapport fin août et, si tout va bien pour ce groupement, les autorisations de construction pourraient être accordées à l’automne. A quand la décision finale d’investissement ? « Nous avons encore des travaux d’ingénierie à mener, sur l’ancrage du flotteur, son couplage avec la turbine, le raccordement au réseau de transport. On peut envisager une décision au premier semestre 2020, pour une entrée en service fin 2021 », prévoit Olivier Guiraud, directeur général de Quadran EM.

Les deux années qui viennent promettent d’être animées, d’autant que ...

le nouveau quai lourd de Port-La-Nouvelle, où doivent être assemblées les éoliennes flottantes, sera lui aussi en construction. Interrogé sur les incertitudes quant à l’avenir du partenaire turbinier Senvion, fournisseur ici d’une éolienne de 6,2 MW, Olivier Guiraud se dit confiant, l’industriel allemand possédant en particulier d’importants actifs en exploitation; le fabricant annonce de fait plus de 8 000 machines installées en 25 ans.

Projets îliens sans subvention

Des quatre projets expérimentaux français éoliens flottants, EolMed est le dernier à aborder l’étape de l’enquête publique. Celui de Provence grand large, conduit par EDF Re au large de Fos-sur- Mer et celui de Groix & Belle-Ile d’Eolfi-CGN dans l’Atlantique ont reçu un avis favorable l’année dernière. Quant aux Eoliennes du golfe du Lion, projet voisin d’EolMed mais emmené par Engie (+ EDPR, Principle Power, Eiffage, Senvion et la Banque des Territoires), leur enquête publique a commencé en avril et se termine le 23 mai prochain.

Sans attendre l’avis des pouvoirs publics sur sa future ferme expérimentale méditerranéenne, Quadran EM va aussi pousser ses feux dans l’outremer français. Il se trouve que les élus des DOM, qui construisent leur nouvelle planification énergétique décennale (la PPE) avec l’administration centrale au MTES*, prêtent une oreille de plus en plus favorable à l’éolien flottant et aux appareils houlomoteurs. Le verdissement du mix énergétique, des fonds marins qui plongent tout de suite (et beaucoup plus profondément qu’en Méditerranée), des technologies flottantes qui font leur preuve face aux tempêtes, les y incitent. La Réunion, dont la PPE est déjà bien avancée, devrait réserver une place substantielle aux énergies marines. Mais quel y sera le modèle économique, le gouvernement faisant déjà preuve d’une grande prudence budgétaire à l’égard de l’éolien flottant dans l’Hexagone ? « Ce sera un modèle sans subvention, le prix de l’électricité très élevé dans les îles justifie d’ores et déjà des projets d’énergies marines sans aide publique », estime Olivier Guiraud. Pour rappel, les consommateurs d’électricité dans les territoires insulaires bénéficient de la péréquation tarifaire électrique nationale et donc de prix bas, le manque à gagner pour les fournisseurs étant compensé par l’Etat, à hauteur de plus d’un milliard d’euros. Le mix électrique ultramarin français reste fortement carboné (66%), à l’exception de celui de La Guyane.

*Ministère de la transition écologique et solidaire