L’Ile-de-France va-t-elle devenir la vitrine de l’hydrogène français ?

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(Crédit : Thomas Blosseville)

L’Ile-de-France compte en fait sept stations de ravitaillement pour les véhicules à hydrogène, selon le recensement inédit (cf carte ci-dessous) effectué par l’Institut d’aménagement et d’urbanisme francilien (IAU IdF). À celles bien connues du Pont de l’Alma à Paris (7e arrondissement) et des deux aéroports s’ajoutent ...

notamment le site pour les véhicules de la Ville de Paris à Ivry-sur-Seine et celui des Loges-en-Josas (Essonne) inauguré l’année dernière par Air Liquide. Un point de recharge est aussi en service aux Ulis sur le site d’Areva H2Gen. C’est d’ailleurs le seul endroit en région parisienne où l’approvisionnement est formé d’hydrogène d’origine non fossile, comme le précise Thomas Hemmerdinger, chargé de projets transition énergétique et économie circulaire du département énergie et climat de l’IAU ÎdF.

H2 gris, bleu ou vert ?

Cela dit, le paradoxe de l’alimentation actuelle des stations pourrait s’atténuer. L’IAU IdF prévoit que les futures stations de Créteil, de la Maison de la radio (projet « En Seine » de Réinventer la Seine) et celles de l’initiative Last Mile avec Akuo Energy (33 stations en France dont 18 en région parisienne, cf carte ci-dessous) seront équipées d’électrolyseurs, fonctionnant à partir d’électricité décarbonée (« H2 bleu ») ou renouvelable (« H2 vert »). La station d’Engie GNVert à Rungis pourrait également se voir dotée cette année d’un électrolyseur.

Le sujet du sourcing n’est pas simple, car l’hydrogène issu du vaporeformage reste moins onéreux que celui produit avec de l’électricité ; il faut aussi ménager de la place à l’électrolyseur, en zone urbaine contrainte. La question de l’origine réelle de l’hydrogène va se poser dans la perspective des Jeux olympiques de 2024. L’événement est censé être « propre et responsable », selon son Comité d’organisation ; il pourrait à la fois encourager les projets de mobilité hydrogène franciliens et être la vitrine nationale de cette technologie, comme le seront déjà les JO japonais l’année prochaine. Certaines anticipations sont spectaculaires, telle cette la montée en puissance programmée des taxis Hype de la société Hysetco, qui vise déjà 600 véhicules hydrogène d’ici 2020. Ou encore le projet Sphynx porté par Engie à Saint-Denis, pour alimenter en hydrogène le site de la future piscine olympique. L’électricité pourrait provenir en partie de panneaux solaires installés par l’énergéticien au Stade de France, juste en face, Engie étant par ailleurs partenaire officiel des futurs Jeux.

On sera bientôt renseigné sur les perspectives réelles de l’hydrogène en région parisienne, en tout cas sur la volonté des pouvoirs publics territoriaux. Un Plan Hydrogène est à l’étude au Conseil régional, comme cela a été confirmé lors de l’inauguration hier 4 avril de l’Agence régionale énergie climat, intégrée désormais à l’IAU IDF.

Les projets H2 en région parisienne (ici en PDF)

Source : Arec, IAU-IDF

Cette carte identifie pour la première fois les réalisations et projets d’hydrogène en Ile-de-France. Parmi lesquels, H2ship, un projet du syndicat Syctom, des cimenteries Cemex et d’Haropa (Ports du Havre, de Rouen et Paris) pour produire de l’hydrogène vert à partir de la chaleur fatale de l’incinérateur d’Isséane (Issy-les-Moulineaux ), le tout destiné à des bateaux à hydrogène sur la Seine.

Sphinx, mené par Engie, vise pour sa part la production d’hydrogène vert à partir d’EnR locales. Il a été labellisé territoire à hydrogène et se situe sur le site d’Engie Lab Crigen à Saint-Denis, dont le site va être détruit pour accueillir le futur centre aquatique olympique en 2024.

EffiH2 est aussi porté par Engie et prévoit une flotte de 50 véhicules de Symbio.

Valo’Marne est une extension de l’incinérateur de Créteil avec plusieurs projets de valorisation énergétique (réseau de chaleur, captation de CO2 avec algues, production d’hydrogène vert à partir de la chaleur fatale de l’incinération). Il est porté par Suez, en partenariat avec Air Liquide. Une station hydrogène est prévue sur le site pour les entreprises intéressées.

Ce commentaire a été rédigé avec l’aide de Thomas Hemmerdinger, département énergie et climat de l’IAU ÎdF.