L’Ademe voit l’avenir de La Réunion en vert

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(Crédit : Romain Chicheportiche)

L’Ademe a présenté ce 8 avril à Saint-Denis de La Réunion les résultats de son étude « Vers l’autonomie énergétique en Zone Non Interconnectée (ZNI) à l’horizon 2030 ». Elle conclut que les îles françaises, La Réunion en particulier, auraient tout à gagner à passer à un mode de production énergétique basé sur les énergies renouvelables et la maîtrise de la consommation. Mais dans les faits, les choses sont plus compliquées.

EnR et flexibilité

Vrais laboratoires de la transition énergétiques, les îles offrent des caractéristiques propices au changement, à l’instar des prix élevés de l’énergie, mais présentent aussi des obstacles comme des réseaux électriques plus fragiles. C’est pour répondre à cette équation que l’Ademe a planché sur ...

un rapport destiné à donner les clés du passage aux 100% EnR. « A ce jour, aucune autre étude prospective pour les ZNI n’a été réalisée avec un tel niveau de précision », se félicite le Syndicat des énergies renouvelables.

Les résultats montrent qu’un « mix énergétique » basé intégralement sur les énergies renouvelables à La Réunion est, non seulement possible, mais également la voie à privilégier d’un point de vue économique, même en considérant que les investissements passés dans les énergies fossiles ne seraient pas intégralement amortis. Si ce nouveau « mix » devrait s’appuyer sur un réseau plus résilient, avec davantage de moyens de stockage, l’Ademe confirme en même temps la capacité des énergies renouvelables à garantir la sûreté du réseau.

5 scenarii

Pour appuyer sa démonstration, l’agence publique a réalisé 5 scenarii (Tendanciel, Avantage thermique, Avantage technologie, Tous feux verts, Vers l’autonomie énergétique) qui se libèrent graduellement des énergies fossiles pour tendre vers les EnR, avec toujours une tendance appuyée sur la maîtrise de la consommation et beaucoupe de véhicules électriques (25-50-100%). Une méthodologie que l’Ademe avait déjà adoptée l’hiver dernier pour son exercice sur le mix électrique 2060 de l’Hexagone.

(c) Ademe

Dans la plupart des scenarii, le photovoltaïque tient une place primordiale (entre 600 et 1 000 MW selon les cas). Le parc EnR serait alors compris entre 1 320 et 1 950 MW à l’horizon 2030 avec une capacité de stockage de 874 MW.

Régulièrement attaquée sur ses hypothèses ou une prise en compte insuffisante des problématiques réseau, l’Ademe précise que ses modèles ont été « testés sur trois points de fonctionnement délicats. Un tel système électrique peut rester stable face à des incidents significatifs. Néanmoins, en raison des hypothèses simplificatrices prisent pour la modélisation du réseau, ce résultat, bien qu’encourageant, ne permet pas de conclure à une stabilité et une sécurité assurée sur le système réel dans toutes les conditions de fonctionnement ».

PPE à rebours

Cette étude s’inscrit dans le contexte des travaux de révision des PPE en territoires ultramarins, actuellement en cours. Chaque ZNI élabore sa propre stratégie énergétique selon ses caractéristiques, dans le cadre des grandes orientations données par la PPE nationale. Las ! Ces documents ont la fâcheuse habitude de prendre beaucoup de retard. La Martinique a ainsi finalisé sa PPE (2015-2018 et 2019-2023) en octobre 2018.

Ces retards peuvent conduire à des signaux pour le moins contradictoires. A l’image de ces investissements nouveaux dans des installations thermiques en Corse (Cycles combinés gaz 250 MW à Ajaccio) et en Guyane (Cayenne 120 MW – fuel léger), alors que le couple EnR/stockage est en passe de vaincre économiquement ces moyens de production polluants. Problème, ils étaient inscrits dans les PPE précédentes, et doivent donc être réalisés…

Retrouvez la synthèse de l’étude de l’Ademe sur les ZNI et la Réunion (ou en PDF )