McPhy peine en 2018 mais espère un « gros deal » en 2019

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(Crédit : McPhy)

L’entrée du mastodonte EDF au capital de McPhy l’année dernière ne lui aura pas vraiment porté chance. Le spécialiste français des électrolyseurs pour la production d’hydrogène vert présente des résultats 2018 décevants avec un chiffre d’affaires en baisse et des pertes qui se creusent. L’entreprise qui souhaite changer d’échelle grâce à son nouvel actionnaire de référence estime pouvoir signer « un gros deal » cette année, et planche sur un partenariat stratégique avec un acteur chinois

9,5 M€ de pertes

Les résultats 2017 semblaient dessiner une dynamique positive, certes avec résultat négatif de 6,7 M€ mais des commandes en hausse (+ 34%) à 10,1 M€. Difficile pourtant de trouver dans les résultats 2018 des signaux encourageants. Le chiffre d’affaires s’élève à ...

8 M€, en baisse de 21% par rapport à l’année précédente en raison de « délais affectant plusieurs commandes ». Logiquement, le résultat net est lui aussi déficitaire à 9,5 M€ contre des pertes de 6,7 M€ en 2017. Le carnet de commandes s’élève à 5 M€.

Si Pascal Mauberger, PDG de McPhy, assure qu’il n’y aura pas de problématique de liquidité cette année, il estime néanmoins qu’il sera sans doute nécessaire de renouveler en septembre l’equity line (financement par augmentation de capital) pour deux années supplémentaires. C’est ce qui sera proposé prochainement au conseil d’administration. Introduite en Bourse en 2014 (8,6 fois sursouscrite), l’action McPhy valait alors 8,25 €, contre 5 € aujourd’hui.

Un gros deal cette année ?

Malgré ces résultats décevants, Pascal Mauberger reste confiant et espère signer « un gros deal cette année », sans plus de précision. L’entreprise travaille sur un projet de 20 MW qu’elle compte installer sur un site industriel dans le nord de l’Europe. Elle est également en discussion avancée pour la vente clé -en-main de deux autres modules de 20 MW chacun. La société est aussi engagée sur l’appel d’offres hydrogène de l’Ademe, ainsi que ceux lancés par les villes de Cherbourg, du Havre et prochainement d’Auxerre. Elle a remporté en début d’année celui du Calvados qui prévoit l’installation de 6 stations H2 dédiées à la mobilité dans le cadre du projet « EAS-HyMob » en Normandie. « Nous nous positionnons sur tous les appels d’offres européens », résume Pascal Mauberger.

Le marché de l’hydrogène décarboné qui s’ouvre est prometteur notamment dans l’industrie ou le transport. Sur le segment des grosses stations, McPhy évalue le potentiel du marché européen à 1,5 Md€ en 2025 contre 120 M€ aujourd’hui.

EDF emmène McPhy en Chine

Interrogé sur la stratégie en matière d’hydrogène qu’entend mener son nouvel actionnaire de référence, Pascal Mauberger assure qu’EDF est fortement engagé dans l’hydrogène, mais sans beaucoup plus de précisions. McPhy a désormais accès aux équipes d’EDF qui assurent un travail complémentaire précieux dans le montage de projets, notamment sur le génie civil. Si la présence d’EDF peut sans doute faire fuir quelques prospects européens, McPhy compte énormément sur l’électricien français pour lui ouvrir les portes du marché chinois, sur lequel McPhy a déjà construit sa principale référence (Hebei – 4 MW).

Pascal Mauberger se rendra d’ailleurs la semaine prochaine dans l’Empire du Milieu avec Fabrice Fourcade, délégué général d’EDF en Chine, pour négocier un partenariat stratégique avec un grand groupe chinois de l’industrie mécanique, désireux d’entrer sur le marché de la mobilité hydrogène. « Il y a un marché potentiellement énorme mais il faut faire attention à ne pas se faire manger. Il n’est pas question d’accepter un transfert de technologie, ou de faire fabriquer sur place les éléments différenciants », affirme, lucide, le PDG de McPhy. Une ligne rouge qu’EDF, rappelons-le, n’a pas hésité à franchir sur son cœur de métier, le nucléaire.