Hydrolien : Sabella se positionne pour reprendre le projet de Naval au Canada

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(Crédit : Sabella)

*Article modifié le 4/03/2019 pour intégrer les précisions de Sabella.

Double actualité chez Sabella en ce début de mois de mars. Son président, Jean-François Daviau, a décidé de partir en retraite à l’âge de 67 ans. Il ne prendra pas pour autant le large puisqu’il compte garder un œil sur l’entreprise qu’il a cofondée en 2008. Cette dernière se positionne par ailleurs pour reprendre le flambeau de Naval Energies au Canada. Sabella espère y installer plusieurs machines d’ici 2021.

Nouvelle aventure canadienne

Le malheur des uns fait le bonheur des autres. Quelques mois après le retrait précipité de Naval Energies de l’hydrolien, Sabella ...

reprend les rênes du projet. Alors que la machine d’Open Hydro est toujours au fond de la baie de Fundy, laissée en grande partie en plan par le groupe Naval, Sabella cherche à prendre la place laissée par son ancien concurrent. « Nous travaillons en partenariat avec un énergéticien québécois sur la reprise/reconfiguration du projet initialement porté par Naval Energies. Nous voulons utiliser le câble qui a déjà été installé pour y brancher plusieurs machines d’ici 2021 », indique Jean-François Daviau, qui ne souhaite pas à ce stade préciser le nom de ce partenaire local. Seule indication, il serait fortement pressenti par la province de Nouvelle-Ecosse pour se substituer au turbinier défaillant sur le site de FORCE (le centre de recherche Fundy Ocean Research Center for Energy). Sabella connait déjà le Canada puisqu’elle avait signé en 2010 un accord pour immerger un démonstrateur dans le Saint-Laurent.

Avant de pouvoir y installer ses hydroliennes, Sabella devra attendre le relevage de la turbine d’Open Hydro, en liquidation judiciaire. Mais la procédure s’est complexifiée en raison de la plainte pour dol déposée par ses actionnaires minoritaires, qui auraient voulu poursuivre l’activité. A noter que dans le cadre de cette procédure, selon le Canard Enchainé, le deuxième exemplaire d’hydrolienne d’Open Hydro a été vendu aux enchères pour 1 000€. Pour rappel, Naval a investi plus de 250 M€ dans son aventure hydrolienne avortée.

J.P Daviau : 30 ans de pétrole, 15 ans d’hydrolien

©Le Progrès de Cornouaille

Dans sa lettre de départ aux équipes, Jean-François Daviau indique vouloir garder « un regard assidu et très paternel sur les turbines bleues et jaunes et sur ma petite tribu d’ingénieurs passionnés ». Interrogé par GreenUnivers, il précise vouloir conserver ses parts dans l’entreprise (les fondateurs détiennent 22%) et assure que celle-ci a vocation à rester indépendante. Une réunion du conseil d’administration va être organisée « prochainement » pour désigner le nouveau président de Sabella.

Jean-François Daviau a travaillé 30 années dans le secteur du pétrole et du gaz, chez Geoservices, Compagnie générale Doris, Coflexip et l’Institut français du pétrole (IFP) avant de se lancer dans l’hydrolien. Au début des années 2000, il fonde avec Hervé Majastre, ingénieur spécialiste du stockage d’énergie, Hydrohélix Énergies qui dépose un premier brevet de turbine sous-marine. Cette société sera à l’origine, en 2008, de la création de Sabella avec le soutien de Sofresid Engineering, Dourmap et In Vivo Environnement.