Eolien en mer : Boralex renonce à investir à Dunkerque

Print Friendly, PDF & Email
Parc éolien en mer de Butendiek, développé par WPD en Allemagne (Crédit : Anne-Claire Poirier)

Coup de tonnerre dans l’appel d’offres éolien en mer de Dunkerque. Alors que les consortiums ont déposé leurs dossiers vendredi 15 mars, l’un d’entre eux, Vents de Dunkerque, annonce le prochain retrait du capital de son instigateur : le développeur-exploitant canadien Boralex a créé la surprise aujourd’hui en indiquant que « sa participation dans ce projet ne satisfait plus ses critères d’investissement ». Une décision prise ...

« après une revue approfondie de l’évolution des conditions concurrentielles », selon un communiqué publié par le groupe canadien, coté à la Bourse de Toronto. Joint par GreenUnivers, ce dernier n’apporte pas plus de précisions. Conséquence : il va céder « la totalité de sa participation aux autres membres du consortium immédiatement suivant la sélection définitive du ou des gagnants de l’appel d’offres », précise-t-il. Ses partenaires sont le fournisseur d’énergie Eneco, le groupe industriel spécialisé dans la construction maritime Van Oord, et DGE, filiale de Mitsubishi.

Une candidature affaiblie

Le consortium d’investisseurs, présenté officiellement en janvier dernier, explose donc en vol moins de deux mois plus tard et à peine trois jours après le dépôt de son offre, même si Boralex indique qu’une fois ses parts cédées, il continuera « à participer au développement du projet, autant à titre de membre du consortium qu’à titre de non-membre après la cession de sa participation ». Un moyen de préserver la candidature de Vents de Dunkerque, le communiqué précisant d’ailleurs que le « consortium continue fermement de croire dans le grand potentiel de ce projet d’importance pour la transition énergétique française ». Le retrait du capital de Boralex, qui assurait le développement au niveau local, risque cependant de constituer un handicap difficile à surmonter.

Que s’est-il passé pour justifier cette annonce et ce calendrier surprenant ? Dans cet appel d’offres très concurrentiel, les autres membres du consortium ont pu imposer un prix trop bas pour Boralex, qui aurait alors jugé le risque trop élevé et a préféré amorcer son retrait du capital. Alors qu’Eneco-Van Oord et Mitsubishi ont déjà travaillé ensemble dans l’éolien en mer, il est aussi envisageable que l’offre globale retenue n’ait pas convenu au canadien.

Les candidats officiels à l’appel d’offres de Dunkerque
Selon l’AFP, six consortiums ont finalement déposé leurs offres pour le projet de parc éolien offshore de Dunkerque. Il s’agit des groupements Deme-Quadran Énergies marines-Shell ; Vattenfall-WPD-Caisse des Dépôts ; Boralex-Eneco-Van Oord-DGE ; Engie-EDPR-E.ON ; Elicio-Total-Orsted ; et EDF-Innogy-Enbridge. Au départ, Parkwind-Valeco, Equinor (ex-Statoil) et InControl s’étaient également déclarés candidats.