Haro sur les dernières chaudières fioul des copropriétés parisiennes

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(Crédit : Agence parisienne du climat)

La chasse aux chaudières polluantes dans les copropriétés parisiennes est ouverte. Pour de bon, apparemment. « 100 copropriétés ont été rénovées dans la capitale en dix ans. Nous voulons passer à mille par an, d’ici 2030. Bonne nouvelle, le rythme s’accélère, une centaine de “copros” devraient changer d’énergie dans les deux ans qui viennent », prévoit Frédéric Delhommeau, directeur habitat de l’Agence parisienne du climat (APC).

Pour ce faire, cet organisme de la mairie de Paris va cibler en priorité les 1 500 immeubles encore équipés de chaufferies au fioul. Surtout situés dans les beaux quartiers, ils ...

ne représentent plus que 3% des logements du parc privé mais émettent 8% des gaz à effet de serre des logements parisiens et 10% du dioxyde d’azote. Des chiffres issus d’une étude que vient de réaliser l’APC sur le sujet. Laquelle est nourrie aussi de l’ouverture des données énergétiques des réseaux (Enedis, GRDF, CPCU…) qui ont permis de caractériser les consommations annuelles à l’adresse même des habitants. Mais aussi d’entretien directs avec 40 copropriétés .

18 syndics dans le viseur

L’idée est maintenant d’intensifier le démarchage auprès des conseils syndicaux et des syndics, pour les convaincre de passer vite au gaz ou au chauffage urbain. Comme dans toute offensive, l’agence s‘est fixé des cibles, en l’occurrence les 18 gros syndics de la capitale. Ils gèrent 35% des « copros » parisiennes, avec une moyenne de 200 pour chacun. « Nous allons aussi aller chercher spécifiquement les petites “copros”, parfois dans des immeubles qui datent d’avant-guerre», illustre Frédéric Delhommeau.

L’APC veut faciliter la préparation des travaux et a mis en place un guichet pour aider, Coach CoPro. Parmi ses arguments, le retour sur investissement, qui serait plus court que ce que l’on pense. Dans un immeuble de la rue Chardon-Lagache (35 logements, 4 000 mètres carrés, 16e arrondissement), le changement en 2015 de la chaudière (pas du tout usée, d’ailleurs) a coûté 60 000€ en tenant compte des certificats d’économies d’énergie (mais pas des éventuelles aides individuelles supplémentaires) ; la facture annuelle, de 40 000€, a été tout de suite ramenée à 20 000€, comme en témoigne le président du conseil syndical. Les habitants sont donc rentrés dans leurs frais en trois ans et commencent à gagner de l’argent.

Des CEE en circuit court

Le travail au corps-à-corps que veut mener l’APC vers les irréductibles du fioul vise aussi à simplifier le financement des travaux, que les banques ont encore du mal à soutenir, indique Anne Girault, directrice de l’APC. A cette fin, l’agence prépare notamment une plateforme dédiée aux certificats d’économies d’énergie, pour gérer plus directement ces aides aux bénéfices des Parisiens. Elle pourrait être opérationnelle à la fin de l’année.

Pour rappel, le plan climat et air « potable » de la capitale vise zéro véhicule diesel dans les rues d’ici 2024 et idem pour les motorisations à essence en 2030. L’échéance est la même pour les chaufferies au fioul. Mais au rythme où sont réalisées les rénovations dans ce secteur depuis la création de l’APC en 2010, l’accélération va devoir être brutale. D’où la mobilisation actuelle.