A Dunkerque, RTE veut un transformateur pas comme les autres

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(Crédit : RTE)

Originale, cette boîte à idées que propose le gestionnaire de réseau RTE à Dunkerque, théâtre d’un futur parc éolien en mer actuellement en compétition et prévu pour 2025. Le transporteur d’électricité doit relier les turbines et y construire un puissant poste de transformation, comme il devra aussi le faire pour les infrastructures éoliennes déjà attribuées mais encore non construites en France.

Mais la sous-station nordique pourrait aussi servir à autre chose qu’à passer à la très haute tension, par exemple à servir de camp de base pour des études scientifiques du milieu aquatique, des oiseaux, à l’installation de fibres optiques, de ...

capteurs pouvant mesurer la turbidité de l’eau (lire encadré). « Dans l’esprit, on peut comparer notre futur site à l’aéroport proposant différents services, au-delà de la seule dimension transport longue distance», fait remarquer une porte-parole de RTE.

Favoriser l’accueil

En association avec la Communauté urbaine de Dunkerque, un appel à projets a donc été lancé début février pour faire remonter des solutions créatives, parmi lesquelles RTE souhaite voir émerger aussi des projets numériques. L’appel à idées prend fin dès le 1er avril, avec une aide de 20 000 € destinée au futur prototype, avec incubation à Dunkerque. Les lauréats seront annoncés lors du salon Seanergy en juin.

Même si elle s’adresse surtout aux entreprises, start-up, associations, étudiants et chercheurs, l’initiative est aussi une manière de faciliter l’accueil local de cette infrastructure, sachant que les transformateurs, comme certains projets éoliens terrestres ou marins, ne sont plus toujours reçus les bras ouverts en France. Dans l’Aveyron, le futur poste électrique de Saint-Victor-et-Melvieu est devenu franchement conflictuel et a suscité l’occupation préventive du site par les zadistes, soumis à une ordonnance d’expulsion mais aussi soutenus par certains agriculteurs. En tous cas, le projet de transformateur marin « augmenté » de RTE à Dunkerque semble ne pas avoir d’équivalent en Europe, alors que les gestionnaires de réseau allemand, britannique, néerlandais sont plus expérimentés en la matière que leur homologue français.

 

Un transfo et des coquilles

Le projet dunkerquois de RTE n’est pas tout à fait une première. Une  coopération  avec des scientifiques zoologistes est ainsi prévue dans le cadre du futur raccordement du parc éolien offshore de Courseulles-sur-Mer (Calvados) et de l’interconnexion France-Angleterre IFA2 à Bellengreville. Il consiste à prélever des coquilles Saint-Jacques avant,  pendant et après les travaux. L’analyse des stries de la coquille de cet animal sédentaire offrira selon RTE « un indicateur robuste de stress et d’altération de la qualité de l’eau en lien avec la pause et l’exploitation d’un câble en mer ou tout autre événement (pollution, tempête…). Ce projet apportera donc des réponses précises aux questions liées à la turbidité générée par les travaux de pose en milieu sédimentaire. »