Les projets « transition énergétique » de Fessenheim se précisent

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(Crédit : Wikipédia)

Tope là ! Le gouvernement, les élus locaux, EDF, la Chambre de commerce et d’industrie ont validé ce 1er février le projet de reconversion du territoire de Fessenheim dans le Bas-Rhin, du fait de la fermeture désormais actée de la doyenne des centrales nucléaires mi-2020. Et ce quel que soit le retard de la nouvelle tranche 3 de Flamanville en Normandie. Plusieurs dizaines de millions d’euros vont être consacrés à ...

combler pendant quelques années le manque à gagner fiscal pour les communes. Ils vont aussi servir à soutenir la création de nouvelles activités, l’abandon de la centrale supprimant autour de 2 000 emplois directs et indirects, selon le ministère de la Transition écologique et solidaire (MTES).

Solaire, méthanisation, réseau de chaleur, géothermie

Une zone d’activité est ainsi imaginée entre la centrale et le Rhin, sur un foncier actuellement en friche – mais peut-être riche en biodiversité – de 220 hectares. Parmi les solutions de remplacement au nucléaire, les activités générées par la transition énergétique figurent en bonne place. Avec l’appel d’offres solaire de 300 MW en 2019 et 2020 en trois sessions, pour commencer. « Il ne va pas créer beaucoup d’emplois mais peut générer d’importantes retombées fiscales », considère David Coste, délégué interministériel à la reconversion de Fessenheim depuis début 2018 – qui devrait bientôt être missionné pour faire de même sur les centrales à charbon à arrêter d’ici 2022. Mais d’autres activités économiques associés à l’énergie ont été proposées au MTES, parmi lesquels des projets de méthanisation, un réseau de chaleur et des chantiers de géothermie profonde – la région y est propice.

Rénover les logements des agents EDF

« Plusieurs dizaines de fiches-projets » sont à l’examen, résume le haut fonctionnaire, sans évoquer pour le moment les audacieuses ambitions dans l’hydrogène de la région Grand-Est* ni les idées des élus pour l’hydroélectricité. Le MTES compte aussi sur la rénovation énergétique de bâtiments publics et privés pour générer des emplois. Cela devrait commencer par les établissements scolaires en général et les collèges en particulier, comme le prévoit déjà le département. La région Grand-Est et les communes pourraient aussi lancer des programmes d’amélioration thermique des lycées et des écoles. Dernière initiative notable pour le moment, celle de l’Anah (Agence nationale pour l’amélioration de l’habitat) qui prévoit une Opah** sur les maisons des agents d’EDF de Fessenheim. La centrale emploie directement 850 personnes.

*Ce plan hydrogène, soutenu aussi par le député Raphaël Schellenberger (Les Républicains), prévoit une centrale électrique à gaz exploitant l’hydrogène fatal issu de l’industrie locale de la chimie. Un électrolyseur valoriserait les surplus d’électricité photovoltaïque et hydraulique. L’éventuelle ranimation de la ligne ferroviaire entre Colmar et la ville allemande de Fribourg-en-Brisgau, en déshérence depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, pourrait être favorable aux trains à hydrogène.

**Opération programmée d’amélioration de l’habitat, une convention signée entre l’Etat, l’Anah et une collectivité, de 3 à 5 ans et qui porte sur la réhabilitation de quartiers ou centres urbains anciens, de bourgs ruraux dévitalisés, de copropriétés dégradées…