« Nous demandons de prolonger le soutien actuel au biogaz jusqu’en 2023 » [C. de Saint-Jouan]

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Cédric de Saint Jouan
© Vol-V

Entretien avec Cédric de Saint-Jouan, président du think tank France Biométhane et du développeur-producteur Vol-V, pionnier de la filière du biométhane –

Le projet de Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) propose une feuille de route à la fois exigeante et prudente pour le biogaz : une baisse du prix du biométhane de 30% d’ici à cinq ans et une production de 6 TWh à la même échéance alors que la précédente version de la PPE visait 8 TWh. La vision à dix ans est aussi marquée par la volonté de maîtriser les budgets et de rapprocher le gaz vert du prix du gaz fossile. L’ensemble provoque une levée de boucliers dans le secteur, chez les gestionnaires de réseaux gaziers et les associations professionnelles. Mais qu’en pensent les entrepreneurs, habitués à prendre des risques ? Le point de vue du co-fondateur de Vol-V, pionnier du biométhane depuis 2010.

GreenUnivers : le volet biogaz du projet de Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) a déclenché une avalanche de communiqués inquiets de la part de GRTGaz, France Gaz Renouvelables, Coénove, etc. C’est justifié, selon vous ?

Cédric de Saint-Jouan : L’inquiétude est très compréhensible dans la mesure où la baisse des prix exigée par les pouvoirs publics ne peut être corrélée qu’à une massification du marché, laquelle est impossible si le prix de l’énergie chute aussi vite que l’exige le projet de PPE. On ne peut pas demander une baisse de coûts et en même temps réduire le marché. Cette PPE est tout simplement cynique. Dans le solaire et l’éolien, les pouvoirs publics avaient attendu que ces industries aient atteint un degré de maturité suffisant pour lancer les appels d’offres, et elles sont bien moins complexes que la production de biométhane.

« Cette PPE est tout simplement cynique »

GU : L’ATEE se dit aussi préoccupée mais estime que « dans ce contexte de performance énergétique demandée à la filière, celle-ci doit revoir ses modèles économiques agricoles, industriels et territoriaux ». Est-ce possible ?

C.S-J. : La vraie question est : que valorise-t-on ? On demande au gaz de ...

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